L’enseignement du chinois langue étrangère se concrétise davantage chaque jour

[Source]    Quotidien de la Clarté [Time]    2019-12-13 17:27:43 
 


Lors de la Conférence internationale 2019 sur l’enseignement de la langue chinoise, des apprenants de chinois venant de différents pays présentent un spectacle magnifique. (Photo: pic.gmw.cn)

« Devenir un pont linguistique pour relier le monde, voilà le sens que j’apprends le chinois. »

« Je voudrais vous montrer la Chine et présenter les réalités chinoises au monde par vidéo en direct. »

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Attirés par le charme du chinois, de plus en plus d’amis étrangers se rencontrent en Chine. Le 9 décembre, la Conférence internationale 2019 sur l’enseignement de la langue chinoise s’est ouverte à Changsha, capitale de la province chinoise du Hunan. Plus de 1000 représentants chinois et étrangers venant de plus de 160 pays ont participé à cet événement ayant pour thème « Innovation et développement de l’enseignement du chinois langue étrangère dans la nouvelle ère ».

L’enseignement du chinois langue étrangère est initié par la Chine, mais bénéficie au monde. Depuis la création du premier Institut Confucius en 2004, la Chine a déjà créé 550 Instituts Confucius et 1172 Classes Confucius dans des écoles primaires et secondaires dans 162 pays et régions. Le nombre des apprenants de chinois dans le monde entier a monté en flèche pour atteindre 100 millions. Le « cercle d’amis » du chinois ne cesse de s’amplifier.

Néanmoins, les opportunités et les défis coexistent dans la « fièvre du chinois ». Comment réaliser l’amélioration de la qualité au-delà de la quantité ? Comment s’adapter aux réalités locales et s’intégrer dans la localité ? Comment perfectionner les normes et former les enseignants ? Il reste encore un long chemin à parcourir pour promouvoir le développement de l’enseignement du chinois langue étrangère.

Le chinois devient une langue internationale

« Le chinois m’a permis des opportunités infinies. Je vais bien profiter de mon bel âge de la jeunesse. J’espère faire mes études dans une université chinoise l’année prochaine pour devenir Marco Polo de la nouvelle ère. »

Avec une prononciation impeccable et une expression claire et fluide, Iacopo Germolè, un garçon italien, a été largement loué grâce à son chinois parfait. Il a aussi un beau nom chinois, Zheng Yanke.

D’un Italien qui ne connaissait que le panda et le kung-fu s’agissant de la Chine, au champion du Concours « Passerelle vers le chinois » 2019 ouvert aux lycéens du monde, Zheng l’a réalisé en seulement 4 ans. L’apprentissage de la langue et de la culture chinoises est très populaire dans le Convitto Nazionale Vittorio Emanuele II de Rome (Italie), où Zheng fait ses études. En tant que pensionnat italien prestigieux, l’école a ouvert un lycée scientifique international en langue chinoise avec une durée scolaire de cinq ans il y a 10 ans. Elle abrite également la plus grande Classe Confucius en Italie et a intégré le chinois dans son système des cours obligatoires comme première langue vivante étrangère.

« J’espère que vous serez les Marco Polo d’aujourd’hui pour servir d’ambassadeurs culturels entre la Chine et l’Italie », a écrit le président chinois Xi Jinping dans sa lettre de réponse en mars dernier aux enseignants et aux élèves du Convitto Nazionale Vittorio Emanuele II de Rome. « Nos élèves apprennent très dur le chinois ces dernières années. La lettre de réponse du président chinois Xi Jinping est la meilleure récompense pour eux », a déclaré le directeur d’école Reale.

Dans le monde d’aujourd’hui, de plus en plus de jeunes, comme Zheng, apprennent le chinois et comprennent la Chine à travers l’Institut Confucius et d’autres programmes pour élargir leur horizon et éprouver la valeur de la culture diversifiée.


Sur le stand du Kirghizistan lors du 16e Festival culturel mondial à l’Université des Langues et Culture de Beijing (BLCU), deux étudiants kirghiz montrent la culture de leur pays d’origine. (Photo prise par Guo Haipeng, pic.gmw.cn/Visual China Group)

Selon des statistiques, jusqu’en novembre 2019, 69 pays et régions, en particulier des pays africains tels que l’Afrique du Sud, la Maurice, la Tanzanie, le Cameroun et la Zambie, ont intégré l’enseignement du chinois dans leur système éducatif national sous forme de promulgation des lois et des décrets et de publication des programmes d’enseignement.

Des pays d’Asie du Sud-Est, dont la Thaïlande et la Malaisie, ont établi, par le biais des politiques et des règlements, un système complet d’enseignement du chinois qui englobe l’enseignement préscolaire, élémentaire, professionnel et supérieur.

D’autres pays tels que les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Russie ont inscrit le chinois dans les langues étrangères de l’examen d’entrée à l’université. Parmi la population de 50 millions en Corée du Sud, plus de 10,6 millions apprennent le chinois et les caractères chinois.

« Avec le renforcement soutenu de la puissance globale de la Chine, le chinois est déjà devenu, après l’anglais, la deuxième langue mondiale en termes de nombre des locuteurs non-natifs et d’influence internationale », a déclaré Goh YengSeng, professeur à l’Université technologique Nanyang (Singapour). « L’enseignement du chinois comme langue étrangère, qui fut jadis proposé aux étrangers sur le territoire chinois, est désormais devenu l’enseignement international du chinois », a-t-il ajouté.

Le chinois + les compétences professionnelles : diversification de l’enseignement du chinois

Demander l’instruction, démarrer le système de contrôle, passer à la conduite automatique... Atitan, un jeune thaïlandais, assis devant le système de simulation de conduite du TGV (train à grande vitesse), donne une petite poussée à la manette. Le « train » a commencé à s’accélérer et a atteint 80km/h en très peu de temps. Après avoir traversé une zone urbaine et un tunnel, le « train » est entré à la gare. Tout en observant de temps en temps l’extérieur par la fenêtre du « train », Atitan a stablement garé son « train » sur la ligne de guidage.

« On vient de commencer à apprendre à simuler la conduite du train. Je ne l’ai pas trouvé très difficile en ce moment, car on a tout pratiqué lors de notre formation en Chine », a déclaré avec confiance Atitan.

Au fur et à mesure de l’avancement des projets de coopération ferroviaire sino-thaïlandaise, il y a une demande croissante en Thaïlande en matière de talents polyvalents qui maîtrisent à la fois les techniques ferroviaires et le chinois. De ce fait, en 2016, l’Institut Confucius de l’Université de Khon Kaen (Thaïlande) a lancé le Programme de formation sino-thaïlandais sur le chinois et le TGV, auquel participe Atitan.

Ces programmes permettant d’apprendre à la fois le chinois et les techniques ne sont plus quelque chose de neuf dans les Instituts Confucius en Asie et en Afrique. Le chinois + les techniques de production agricole, le chinois + la réparation automobile, le chinois dédié aux stewards, le chinois + l’e-commerce, le chinois + la robotique, le chinois + les méga-données, le chinois+ l’Internet des objets... L’enseignement simple de la langue chinoise est en train de se transformer en l’enseignement professionnel de technique basé sur le chinois. Cette transformation s’explique par l’augmentation énorme de la demande de la communauté internationale, notamment des pays riverains de « la Ceinture et la Route », quant aux talents techniques professionnels maîtrisant le chinois.

D’après Qi Mei, ambassadrice de Chine en Guinée équatoriale, le programme « Le chinois + » s’inscrit dans les efforts de la pratique de l’Institut Confucius dans d’autres domaines par l’intermédiaire de la langue chinoise. Cette action est une incarnation parfaite de la coopération socioculturelle dans le cadre des Huit initiatives majeures de la coopération sino-africaine.

A l’heure actuelle, plus de 100 Instituts Confucius dans plus de 40 pays, dont la Thaïlande, le Malaisie, la Tanzanie et l’Ethiopie, ont ouvert des cours « Le chinois + », couvrant des dizaines de domaines tels que le TGV, l’économie et le commerce, le tourisme, le droit, la douane et l’aviation.

Oniniaina R. Andriamaonjy, enseignante malgache de l’Institut Confucius de l’Université d’Antananarivo (Madagascar), a déclaré dans son discours qu’ « Apprendre le chinois et maîtriser des techniques pour avoir un avenir prometteur » est déjà devenu un consensus commun chez les jeunes de Madagascar et de nombreux pays africains. Les solutions chinoises, représentées par l’initiative « la Ceinture et la Route », sont graduellement reconnues et acceptées par de plus en plus de pays. Actuellement, 167 Instituts Confucius et 172 Classes Confucius dans des écoles primaires et secondaires ont été établis dans 56 pays participant à « la Ceinture et la Route ».

La coopération entre la Chine et le reste du monde s’axe sur la connotation et la participation multipartite. L’enseignement du chinois langue étrangère, ayant l’Institut Confucius comme pionnier, est entré dans un nouveau stade marqué par la transformation et la montée en gamme.

Développement de l’enseignement du chinois : réflexion sur la « fièvre du chinois »

« Le grand problème est qu’il n’y a pas de manuel de chinois adapté aux élèves roumains. Cela entrave grandement l’enseignement du chinois dans la localité. De plus, à cause de l’effectif limité d’enseignants dans les écoles publiques roumaines, la plupart des écoles ne veulent pas pour le moment recruter des enseignants de chinois locaux à plein temps. Tout cela restreint considérablement la promotion de l’enseignement du chinois ».

Luminiţa Bălan, directrice du Département de chinois de l’Université de Bucarest (Roumanie), a tenu ces propos dans son discours lors de la conférence. Selon elle, bien que le ministère roumain de l’Education ait officiellement publié un décret le 25 juin 2016 pour inclure le chinois dans la nouvelle liste des cours de langues vivantes étrangères dans les écoles primaires et secondaires, l’enseignement du chinois est toujours confronté à de nombreuses difficultés.

L’intégration du chinois dans le système éducatif national de nombreux pays a engendré d’une part une augmentation significative des apprenants de chinois et une insuffisance croissante des enseignants de chinois ; et a d’autre part imposé des exigences plus élevées à la qualité de l’enseignement du chinois.

Natalia G. Pecheritsa, directrice du Département international de l’Ecole supérieure internationale des Affaires de Moscou MIRBIS, a également indiqué : « La Russie a une demande croissante quant aux talents maîtrisant le chinois et il y a de nombreux établissements de formation de chinois de différents types dans le pays. Cependant, divers problèmes subsistent encore en matière de qualité de l’enseignement du chinois en Russie ».


Une enseignante de chinois (à droite) de l’Institut Confucius de l’Université de Vienne, en Autriche, apprend ses élèves à lire des caractères chinois. (Photo/Xinhua)

« Les normes, les manuels, les enseignants et la gestion sont tous des éléments importants de la construction des valeurs de l’Institut Confucius, et il faut faire face aux défis dans le développement de l’enseignement derrière la ‘fièvre du chinois’. Cela constitue également une base importante pour le développement futur de l’Institut Confucius », a déclaré Liang Yanmin, professeur associé à la BLCU, qui est également l’ancien directeur chinois de l’Institut Confucius de l’Université de Sheffield, au Royaume-Uni. Selon ses propres expériences d’enseignement, M. Liang a indiqué qu’il existait également pour les apprenants étrangers une barrière psychologique selon laquelle le chinois est difficile. « A l’oral, les tons sont difficiles ; quant à l’écrit, les caractères chinois sont compliqués. Pour résoudre la ‘difficulté’ du chinois, il faut enseigner des caractères chinois simples et intéressants. Cela nous demande non seulement de renforcer la recherche fondamentale sur les caractères chinois et d’enseigner avec un vocabulaire d’usage courant, mais également de présenter l’évolution des caractères chinois par des moyens vivants tels que l’animation et la réalité virtuelle », a ainsi proposé M. Liang.

Huang Caiyu, professeure associée à la Faculté de littérature de l’Université du Heilongjiang (Chine), a suggéré : « Le contenu de l’enseignement du chinois langue étrangère à l’Institut Confucius doit non seulement se lier à la culture locale du pays d’accueil, mais également prendre en compte la conception de haut niveau du système éducatif local, y compris les politiques sur l’enseignement, la distribution des ressources pédagogiques, les normes connexes et les politiques linguistiques, etc. »

Soulignant que la promotion de l’enseignement de la langue chinoise à l’international était un devoir incontournable du gouvernement chinois, Chen Baosheng, ministre chinois de l’Education, a formulé une initiative en 6 points visant à soutenir l’enseignement du chinois langue étrangère dans les deux à trois ans à venir : 1. Perfectionner le système de licence, de master et de doctorat pour l’enseignement du chinois langue étrangère et recruter de jeunes enseignants exceptionnels chinois et étrangers ; 2. Encourager les universités chinoises à établir l’Institut des enseignants de chinois langue étrangère ; 3. Renforcer l’attractivité du poste d’enseignant de chinois accrédité et recruter des enseignants locaux ; 4. Mettre en service le Programme de manuels de qualité ; 5. Perfectionner les normes de l’enseignement du chinois langue étrangère ; 6. Encourager les personnalités de divers milieux sociaux de la Chine et de différents pays du monde à participer à la construction de l’Institut Confucius et à l’enseignement de la langue chinoise à travers la création de fondations.

Ce ne sera qu’à travers les échanges et l’inspiration mutuelle que les différents pays pourront se développer ensemble. De plus en plus d’étrangers connaissent et comprennent la Chine par l’apprentissage du chinois. Le « cercle d’amis » du chinois, qui ne cesse de s’amplifier, représente la lumière des échanges et de l’inspiration mutuelle entre différentes civilisations et illumine notre avenir commun.

(Le Quotidien de la Clarté, page 07 de l’édition du 10 décembre 2019, journalistes : Chai Rujin, Long Jun, Yu Aihua)

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