« Maîtriser le chinois pour se faire des amis dans le monde entier »

[Source]    people.cn [Time]    2019-08-22 14:12:02 
 

Le symposium sur les échanges et la coopération en matière d’enseignement linguistique entre la Chine et l’Inde a eu lieu le 11 août à Beijing. Ayant pour thème « Développement innovant de l’enseignement des langues chinoise et indienne », l’événement a réuni des experts chinois et indiens pour discuter de nouvelles idées et méthodes pour les échanges et la coopération en matière d’enseignement linguistique entre les deux parties, sur fond de la mondialisation économique et de la diversité culturelle. A cette occasion, people.cn a mené une interview exclusive avec Y. S. R. Murthy, directeur chargé des questions d’enseignement de l’Université globale O. P. Jindal, et les représentants d’excellents enseignants et étudiants indiens, au sujet des échanges éducatifs et culturels entre la Chine et l’Inde.

M. Murthy nous a d’abord présenté les résultats obtenus par l’Université globale O. P. Jindal dans le cadre des échanges éducatifs entre la Chine et l’Inde. Actuellement, l’université dispose de quelque 4 300 étudiants et de 14 centres d’études sino-indiennes, et a établi un partenariat respectivement avec 23 universités chinoises. De plus, l’université indienne a élaboré des mécanismes d’échanges d’étudiants et du personnel enseignant, et participe régulièrement à des conférences et des ateliers. Ses centres d’études sino-indiennes ont organisé de nombreux événements d’échanges entre la Chine et l’Inde avec des résultats fructueux.

Le directeur Murthy et d’excellents étudiants indiens spécialisés en chinois ont déclaré que la diffusion de la culture chinoise était en plein essor en Inde. Ils espèrent que dans le futur, davantage d’opportunités seront créées pour porter la coopération et les échanges entre la Chine et l’Inde sur les plans linguistique et socio-culturel à un nouveau palier, afin de contribuer aux relations amicales entre les deux pays.

« Ce qui est plus difficile par rapport à l’apprentissage du chinois, c’est l’enseignement du chinois », Shikha Pandey, enseignante indienne de l’Institut Confucius de l’Université de Mumbai

Shikha Pandey, jeune fille indienne dynamique et ouverte, a un nom chinois « Mei Li (Belle) ».

Quand elle était en 3e année universitaire, Pandey, qui avait eu l’occasion de découvrir le chinois, a été fascinée par le charme des caractères chinois. Après avoir terminé ses études universitaires, elle a poursuivi ses études en Chine. En 2003, elle est venue pour la première fois à l’Université de Technologie de Tianjin (TJUT) pour apprendre le chinois. Puis en 2017, elle a obtenu le diplôme de master en enseignement du chinois langue étrangère à l’Université normale de Tianjin (TJNU).

Bien que Pandey maîtrise bien le chinois à l’heure actuelle, elle a connu des difficultés au début de son apprentissage de cette langue. « Quand je suis arrivée en Chine, je me suis rendu compte que même on avait des connaissances de base en chinois, le chinois parlé par les Chinois est différent de celui parlé par les étrangers. A ce moment-là, je trouvais que mon niveau de chinois était médiocre et que j’avais fait des progrès très lentement. Pire, je ne voulais pas parler avec les autres. J’en étais très angoissée », s’est-elle rappelée. Cette jeune fille indienne a ajouté avec sourire : « C’est après une longue période que j’ai pu surmonter le manque de confiance en moi. Pour cela, je dois remercier mes professeurs et amis qui m’ont aidée au niveau de l’éducation et de la personnalité. C’est ainsi que j’ai pu m’adapter à la vie en Chine d’une meilleure façon. »

Après avoir terminé ses études en Chine, Pandey est retournée à l’Institut Confucius de l’Université de Mumbai pour enseigner le chinois à des élèves indiens pendant cinq ans. Elle nous a confié qu’en 2013, en Inde, le nombre des apprenants de chinois était peu important, et que maintenant, le nombre ne cesse d’augmenter. L’enseignante indienne a dit en plaisantant que ce qui était plus difficile que l’apprentissage du chinois, c’était l’enseignement du chinois. « La langue chinoise est profonde et étendue. Les élèves rencontrent souvent des problèmes dans l’apprentissage des caractères chinois. Par exemple, ils n’ont pas d’occasion de parler avec les sinophones et ont peu d’occasions de faire des exercices en chinois pour améliorer leur chinois oral. Parallèlement, avec la multiplication des élèves et des cours, on n’a pas assez de manuels scolaires, de matériaux ni de salles de classe », a-t-elle fait savoir.

Pourtant, Pandey nous a confié que ces conditions s’amélioraient progressivement. « Les élèves indiens ne comprennent pas les habitudes et la culture des Chinois. Par exemple, ils ne visitent jamais la Grande Muraille et n’ont aucune idée de ce monument historique, donc j’ai changé le moyen pédagogique pour décrire des villes indiennes en chinois. Les élèves ne peuvent pas se faire des amis chinois, donc l’Institut a organisé des activités comme le camp d’été en Chine. Tout cela bénéficie de l’aide fournie par l’université et les personnalités des différents milieux sociaux qui s’engagent dans le développement des échanges culturels et amicaux entre la Chine et l’Inde ainsi que de l’amitié entre les peuples des deux pays. Quand les élèves apprennent le chinois, ils veulent aussi aller découvrir la Chine et poursuivre leurs études dans ce pays », a-t-elle indiqué. Finalement, Mme Pandey a souhaité sincèrement un meilleur rayonnement du chinois à Mumbai ainsi qu’un meilleur développement des relations sino-indiennes.

« Il est admirable par tous que la Chine conserve sa culture traditionnelle au cours de la modernisation en plein essor », Ai De, étudiant indien à l’Université Jawaharlal Nehru (JNU)

Ai De, qui a animé deux éditions du Séminaire sur les langues et cultures chinoises et indiennes, maîtrise parfaitement des locutions chinoises.

En parlant de sa compréhension sur la culture traditionnelle chinoise, Ai De s’est souvenu de sa participation pour la première fois en 2013 au Concours « Passerelle vers le chinois » ouvert aux étudiants du monde organisé par la chaîne de télévision Hunan TV. Il a soupiré avec émotion : « C’était la première fois que j’avais l’occasion d’aller en Chine pour la voir de mes propres yeux. Dès lors, mon opinion sur ce pays a totalement changé. J’ai fait de grands progrès dans l’apprentissage des connaissances sur la culture chinoise et tous les aspects de la Chine. Par exemple, j’ai appris des locutions et dictons utilisés par les Chinois dans leur vie quotidienne, que les étrangers ne peuvent pas trouver dans les manuels ». L’étudiant indien a particulièrement mentionné : « Après mon arrivée en Chine, je me suis aperçu que les Chinois ont quand même conservé leur culture traditionnelle. Il est admirable par tous de conserver la culture traditionnelle au cours d’un essor économique. »

Témoin du développement rapide de la Chine, Ai De a parlé avec émotion de son deuxième séjour en Chine en 2014 pour l’apprentissage du chinois à l’Université des Langues et Cultures de Beijing (BLCU) pendant une longue période. Selon lui, à ce moment-là, le réseau 4G venait d’être mis en service en Chine, de même pour des applications mobiles comme Alipay et WeChat. Il était donc très pratique de surfer sur Internet et de payer par smartphone. A son avis, ces dernières années, le développement de la Chine surtout en matière d’Internet mérite le respect du monde entier.

En ce qui concerne « la vogue du chinois » qui s’amplifie à l’échelle mondiale, Ai De a cité un proverbe chinois dit « Maîtriser le chinois pour se faire des amis dans le monde entier ». L’enthousiasme pour le chinois s’amplifie dans le monde entier, y compris l’Inde. Il a expliqué : « Prenons un exemple simple. Quand j’ai commencé à apprendre le chinois, nous n’avons eu que 23 étudiants dans notre classe. Maintenant, je donne parfois des cours de chinois, à la place de mon directeur d’études, aux étudiants en première année de la JNU, qui comptent une soixantaine actuellement. Le nombre des étudiants a triplé au cours de la dernière décennie. » D’après lui, le 21e siècle est l’ère de la Chine et de l’Inde, et l’ère de l’émergence de l’Asie.

Le pays le plus peuplé du monde est la Chine, et le deuxième l’Inde. Ai De a déclaré avec émotion : « Si nos peuples comprennent mutuellement la langue de chacun, le monde deviendra une famille. » La Chine et l’Inde, ayant toutes une civilisation ancienne, maintiennent des échanges culturels depuis environ deux mille ans, et leurs échanges étaient très riches dans l’histoire. Dans les anciens temps, où il n’y avait pas de frontière, les échanges étaient très commodes, et de nombreux moines sont allés en Inde à pied. Par exemple, sous la dynastie des Tang, le moine bouddhiste chinois Xuan Zang est venu en Inde, alors que de nombreux moines indiens dont Bodhidharma sont également allés en Chine. Si on regarde l’histoire moderne, un grand nombre d’Indiens se sont rendus en Chine en tant que représentants ou ambassadeurs de la culture indienne, tels que le poète Rabindranath Tagore et le docteur Dwarkanath Shantaram Kotnis. A notre époque, la science et les technologies ont connu un développement considérable. Ai De s’est dit fermement convaincu qu’à travers l’enseignement du chinois en Inde, davantage d’Indiens comprendraient la Chine et plus d’étudiants apprendraient le chinois, parleraient chinois et auraient une occasion de visiter la Chine. Selon lui, le rayonnement des éléments culturels chinois en Inde tels que le film chinois, le Kung-fu chinois et le Tai-chi-chuan suscitera également l’intérêt de plus d’Indiens pour la Chine et les encouragera à venir dans ce pays.

Parlant de l’attente quant aux échanges culturels sino-indiens lors de l’interview, M. Murthy nous a exprimé sa volonté d’approfondir la coopération dans des années à venir afin de résoudre les points faibles et les problèmes existants actuellement au cours de la diffusion du chinois en Inde, et d’approfondir davantage le travail des centres d’études sino-indiennes. D’une part, le directeur espère que les échanges culturels sino-indiens, tant dans les écoles de chinois en Inde que chez leurs partenaires en Chine, permettront d’intensifier, d’une meilleure façon, la compréhension mutuelle et la coopération économique entre l’Inde et la Chine. D’autre part, selon lui, on aide les élèves à apprendre la langue et à participer à des groupes d’intérêt pour qu’ils puissent se préparer à leur future carrière dans le contexte de la mondialisation.

Cette année marque le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. M. Murthy a également souhaité ses meilleurs vœux lors de l’interview : « Le 70e anniversaire de la fondation de la Chine nouvelle marque un jalon très important. En tant que directeur chargé des questions d’enseignement de l’Université globale O. P. Jindal et un des 450 enseignants de l’université, je voudrais saluer, au nom de l’université, le 70e anniversaire de la République populaire de Chine et souhaite mes meilleurs vœux. J’espère que cette célébration renforcera davantage la coopération et la compréhension entre les peuples chinois et indien. »

(People.cn, stagiaires : Ma Lianghui et Huang Xiaoman. He Zhuoyan)

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