Mehmood Arslan, champion de la Compétition nationale d’enseignement du chinois au Pakistan : « Etre enseignant de chinois me permet plus de respect » (Reportage)

[Source]    xinhuanet.com [Time]    2018-11-26 14:20:37 
 

« Lisez après moi : Pú Táo (raisin), Pú Táo. La prononciation doit être parfaitement correcte. Les tons comptent beaucoup dans la langue chinoise. Si vous mal prononcez le ton d’un mot, le sens sera totalement différent. Par exemple, Mǎi (acheter) est au troisième ton. Si on le prononce au quatrième ton, ce sera Mài (vendre)... » Voilà une scène de cours donné par Mehmood Arslan, jeune enseignant de chinois pakistanais. En levant une grappe de raisins, il rectifiait constamment la prononciation des élèves.

Le 17 novembre, la première Compétition nationale d’enseignement du chinois dédiée aux enseignants de chinois locaux du Pakistan s’est tenue à l’Institut Confucius d’Islamabad, avec 10 jeunes enseignants en lice pour la finale. Pour se faire distinguer lors de l’événement, Arslan n’a ménagé aucun effort et a parcouru plus de 2 000 km pour arriver à Islamabad depuis Gwadar, petite ville frontière dans le sud-ouest du Pakistan.

Derrière la tribune, Arslan a parlé en chinois impeccable : « Aujourd’hui je donnerai un cours très important. Je vous ai apporté des cadeaux spéciaux. Ceux qui peuvent dire correctement les noms en chinois des cadeaux dans le carton les gagneront. » Sous les regards attentifs des élèves, il a successivement retiré du carton une pomme, une banane, une mandarine, une grappe de raisins et d’autres fruits. Tout à coup, toute la salle étant en effervescence, les élèves se sont disputés le premier en levant la main pour dire les noms des fruits en chinois. Arslan a ainsi mené une interaction active avec eux.

Après le cours, Arslan nous a déclaré que créer une ambiance d’apprentissage décontractée et dynamique, et élaborer un programme de cours de façon vivante et animée pour qu’il puisse être facile à comprendre et à retenir, cela était la seule voie pour obtenir un bon résultat pédagogique. « Beaucoup de Pakistanais veulent apprendre le chinois. Cependant, ils renoncent à le faire, car ils le croient très difficile à apprendre. Le plus important est de les aider à surmonter leur peur, de susciter leur intérêt et de construire leur confiance. »

Pour mieux organiser cette compétition, l’Institut Confucius d’Islamabad avait spécialement invité 15 enseignants de chinois expérimentés pour composer le jury, et avait élaboré un règlement détaillé d’évaluation en termes de compétences d’enseignant, d’objectifs pédagogiques, de processus d’enseignement, de caractéristiques d’enseignement et d’effets pédagogiques. Zhang Daojian, directeur chinois de l’Institut Confucius d’Islamabad, a indiqué que l’objectif de la compétition consistait à encourager les enseignants de chinois locaux à améliorer leur niveau d’enseignement et à promouvoir la formation des enseignants de chinois locaux.

Après une compétition acharnée, Arslan a obtenu de bonnes notes dans tous les programmes d’évaluation, gagnant la première place de l’événement. Il nous a confié avec enthousiasme que cela constituait une appréciation à l’égard de ses compétences et moyens d’enseignement, avant d’affirmer qu’il « continuera de s’engager » dans l’enseignement du chinois.

En 2012, Arslan a fait ses études spécialisées en économie et commerce international à l’Université normale du Zhejiang (ZJNU). A l’époque, il voulait se lancer dans le milieu des affaires dans son pays après avoir terminé ses études, dans le but de déployer ses talents en la matière.

« Pendant mon séjour en Chine, j’ai rencontré beaucoup d’étudiants pakistanais y faisant leurs études. Bien qu’ils aient reçu une certaine formation de chinois avant leur départ pour la Chine, ils ne sont pas arrivés à communiquer couramment avec les autres en Chine. De ce fait, j’ai décidé de changer ma spécialité pour poursuivre mes études en enseignement du chinois langue étrangère, espérant aider plus de gens à améliorer leur niveau de chinois après le retour dans mon pays. »

En 2016, Arslan a réussi l’examen d’admission à l’Université normale de l’Est de la Chine (ECNU) pour continuer ses études de master en enseignement du chinois langue étrangère. Après avoir achevé ses études au mois d’août 2018, il a réussi l’examen d’embauche organisé par le Hanban pour devenir un enseignant de chinois à l’Institut Confucius d’Islamabad.

Avec le développement du port de Gwadar et la demande croissante des talents maîtrisant les langues étrangères, l’Université nationale des Langues modernes (NUML), qui accueille l’Institut Confucius d’Islamabad, a établi un campus à Gwadar pour proposer des cours d’anglais et de chinois. Arslan, qui venait de rentrer dans son pays, a été accrédité à travailler dans le campus de Gwadar. Au début, il s’inquiétait des conditions de vie et d’enseignement à Gwadar, mais à la pensée que l’« On manque d’enseignants de chinois là-bas, et on a besoin de nous », Arslan a rapidement accepté cette mission.

« Etre enseignant de chinois me permet plus de respect. Voilà ce que l’on ne peut pas avoir dans les autres postes », s’est ainsi exprimé Arslan.

Actuellement, le campus de Gwadar a recruté 25 apprenants de chinois, parmi lesquels on trouve des fonctionnaires gouvernementaux, des commerçants, des ouvriers et de jeunes étudiants. Etant donné le changement réel apporté par la construction et le développement du Corridor économique Chine-Pakistan, surtout le développement du port de Gwadar, un grand nombre d’habitants locaux se sont rendu compte que la maîtrise du chinois signifiait l’accès à un meilleur travail permettant d’améliorer leurs conditions de vie.

« A présent, de nombreuses sociétés ont une exigence en termes de niveau de chinois lors du recrutement des employés. La maîtrise du chinois permet d’avoir accès à de meilleurs postes et rémunérations. » Selon Arslan, on verra l’inscription de plus d’étudiants pour le semestre prochain.

(Agence de presse Xinhua, depuis Islamabad, 18 novembre

Journalistes : Ji Wei, Jiang Chao)

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