La « fleur de chinois » s’épanouit en Afrique

[Source]    Quotidien du Peuple (édition d’outre-mer) [Time]    2018-09-05 09:16:12 
 

En 2014, Zhang Xian venant de l’Université normale de Chongqing est devenu le directeur chinois de l’Institut Confucius de l’Université du Rwanda. « A cet époque-là, il n’y avait que quelque 1 000 apprenants de chinois. Pour le moment, nous avons au total 15 enseignants et environs 5 000 élèves inscrits. » D’après Zhang Xian, la croissance rapide du nombre d’élèves s’explique par « le développement rapide des relations amicales entre la Chine et l’Afrique ainsi que celui de la Chine, qui suscitent de plus en plus de gens à apprendre le chinois ».

« L’enthousiasme des étudiants pour le chinois est difficile à décrire en mots », a ainsi dit Zhang Xian en décrivant l’affection des élèves pour le chinois qu’il avait ressentie.

Au fur et à mesure du développement approfondi des relations sino-africaines, surtout l’approfondissement de la coopération bilatérale dans les domaines de l’économie, du commerce et de la culture, de plus en plus d’Africains commencent à apprendre le chinois. Selon les statistiques du Hanban, jusqu’à présent, 54 Instituts Confucius et 30 Classes Confucius sont présents dans 41 pays africains, accueillant plus de 1,4 million d’apprenants de toutes sortes.

« Apprendre le chinois est mon plus grand plaisir »

Han Maoyu (Harford Michael Kenechukwu) est un étudiant nigérien de master en enseignement du chinois langue étrangère à l’Université Nankai. Il a fait une licence en religion et en anthropologie, et a voulu devenir avocat. « Après avoir rencontré la langue chinoise, j’ai changé mon rêve et je souhaite désormais devenir un messager culturel entre la Chine et le Nigeria. »

Afin de réaliser ce rêve, Han Maoyu ne cesse de faire des efforts. Au cours de ses études à l’Institut Confucius de l’Université Nnamdi Azikiwe, il a non seulement passé le niveau 6 de l’examen HSK (Test d’évaluation de chinois) avec une note élevée, mais a également obtenu une bourse d’études pour continuer ses études à l’Université Nankai.

Ce qui rend Han Maoyu encore plus fier, c’est qu’il a dépassé tous ses adversaires pour avoir remporté le champion de la 2e édition de la colonie de vacances d’été « Idoles d’enseignement de la langue chinoise » et de la Réunion d’échanges pédagogiques 2018 à l’intention des étudiants de master en enseignement du chinois langue étrangère. « J’espère rester en Chine pour être un enseignant de chinois après être diplômé. » Le rêve de Han Maoyu se concrétise davantage.

Ding Jiaming (Anthony Ebuka Ekewensi), également d’origine nigérienne, s’est fait connaître pour sa performance excellente au 17e Concours « Passerelle vers le chinois » ouvert aux étudiants du monde. Au cours de son apprentissage du chinois, il a su utiliser l’application WeChat. Sa première publication aux Moments est « apprendre le chinois est mon plus grand plaisir ».

Chen Andong, venant du Kenya, a appris le chinois à l’Institut Confucius de l’Université de Nairobi depuis environ un an. Il veut obtenir une bourse d’études pour « étudier en Chine » dans le futur. Il est à noter que l’Institut Confucius de l’Université de Nairobi, fondé en 2005, est le premier du genre en Afrique.

« Les avantages de l’apprentissage du chinois sont visibles pour les apprenants. Il leur permet de connaître une autre culture, mais aussi contribue à leur débouché », nous a dit Zhang Xian, précisant que « l’Université du Rwanda a publié le lien de notre Institut Confucius sur son site officiel. Cela signifie que l’université considère l’enseignement du chinois comme une partie essentielle de son internationalisation. »

« Apprendre le chinois apporte plus de possibilités »

Parmi les étudiants des Instituts Confucius en Afrique, il y a beaucoup de salariés. Le styliste Anthony est un apprenant à l’Institut Confucius de l’Université de Lagos au Nigeria. Après avoir appris le chinois pendant un an, il a récemment participé au camp d’été à l’intention de jeunes Chinois et Africains ayant pour thème « Amitié sino-africaine, ambition des jeunes », organisé par le Siège de l’Institut Confucius (Hanban). « J’ai enfin une occasion pour venir en Chine, et ce qui me permet d’avoir une meilleure compréhension sur la culture chinoise, les Chinois, et l’environnement chinois. J’espère qu’après le retour dans mon pays, je pourrai présenter la Chine et la culture chinoise que j’ai connues à mes amis. »

A l’Institut Confucius de l’Université de Lagos au Nigeria, il n’est pas rare de trouver des salariés comme Anthony, qui apprennent le chinois en dehors du travail. « Apprendre le chinois leur permet plus de possibilités », a déclaré Wang Yongjing, directrice chinoise de cet Institut Confucius.


Lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’Université de Lagos, le stand de l’Institut Confucius de l’Université de Lagos est bien accueilli par les étudiants. La photo montre que des enseignantes de l’Institut Confucius battent le tambour africain.

Le photographe Ming Xu est également apprenant à l’Institut Confucius de l’Université de Lagos. Sa motivation initiale pour apprendre le chinois est que « l’apprentissage du chinois me permettra plus de possibilités ». Un bref séjour en Chine l’a rendu « plus désireux de connaître davantage les Chinois et la culture chinoise, et de communiquer en chinois couramment ». Il a un autre souhait : « Si j’ai des enfants, je leur ferai apprendre le chinois. »

« Nous avons mis en place une classe dédiée aux salariés de 18h00 à 20h00 tous les jours. Ces apprenants sont très persévérants et poursuivent les cours malgré vent et pluie. » Zhang Xian nous a déclaré que sur la base des besoins du peuple rwandais en matière d’apprentissage du chinois, l’Institut Confucius de l’Université du Rwanda avait mis l’accent sur trois aspects dans son principe d’enseignement : « Le premier concerne les caractéristiques. Nous proposons des cours sur les arts martiaux, le Tai-chi et la culture chinoise, etc. Deuxièmement, la professionnalisation, s’agissant de la combinaison entre l’enseignement du chinois et la formation professionnelle. Troisièmement est l’omniprésence. Nous proposons l’enseignement du chinois à davantage de personnes. »

Dans la pratique réelle, parmi les 13 antennes d’enseignement relevant de l’Institut Confucius de l’Université du Rwanda, hormis son siège au campus universitaire, des cours de chinois sont également proposés dans des écoles secondaires, des entreprises à capitaux chinois au Rwanda et l’hôpital Masaka où se trouve l’équipe médicale chinoise.

« Promouvoir réellement l’amitié sino-africaine »

Evoquant le motif d’apprendre le chinois, bien des étudiants africains de l’Institut Confucius ont confié que « le responsable et les enseignants de chinois des Instituts Confucius en Afrique les motivent beaucoup. »

Aux yeux de Zhang Xian, cela est étroitement lié au principe d’enseignement des Instituts Confucius en Afrique, « notre souhait est très simple, c’est-à-dire promouvoir réellement l’amitié sino-africaine à travers l’enseignement du chinois. Prenons l’Institut Confucius de l’Université du Rwanda pour exemple, nous comptons faire une contribution réelle aux échanges humains et culturels entre la Chine et le Rwanda ».


Les échanges entre des enseignants et des étudiants de l’Institut Confucius de l’Université du Rwanda dans la salle de lecture chinoise.

Pour Wu Jingyi, ancienne enseignante-bénévole de la langue chinoise à l’Institut Confucius de l’Université de Lagos au Nigeria, s’est souvenue toujours de la scène qui s’était produite à la fin de son mandat. Le jour où Wu Jingyi est partie, Xue Yi, une étudiante peu expansive par rapport aux autres étudiants africains généralement enthousiastes et vivants, courait de très loin vers elle pour lui dire : « Professeure Wu, je sais qu’aujourd’hui est probablement notre dernière rencontre, je voudrais simplement vous dire merci, merci de nous avoir appris le chinois, et merci de m’avoir appris à écrire les caractères chinois. J’aime vraiment la langue chinoise… Je vais travailler dur dans mes études et chercher à vous retrouver en Chine. »

« Au rétroviseur, je vois la silhouette de Xue Yi s’amoindrir sous la pluie, jusqu’à disparaître », s’est rappelée Wu Jingyi.

Selon les statistiques, depuis l’an 2012, la croissance annuelle du nombre d’élèves des Instituts Confucius en Afrique s’est élevée à quelque 36%, les apprenants inscrits ayant frôlé 150 000 en 2017 ; la croissance annuelle en moyenne du nombre de cours de chinois était de 40,3%, tandis que celle de la superficie des locaux exclusivement réservés à l’enseignement a frisé 34%.

A propos des raisons du développement rapide des Instituts Confucius en Afrique, le responsable du Hanban Ma Jianfei a expliqué lors d’une interview que, « les Instituts Confucius en Afrique mettent l’accent sur la localisation dès le début de son développement. Cela se présente dans deux aspects. D’un côté, la localisation des enseignants. Par exemple, en 2017, les Instituts Confucius en Afrique ont cultivé pour la localité plus de 1 500 enseignants, et recruté une centaine d’enseignants locaux, en jetant une base solide pour la localisation et le développement durable des Instituts Confucius ; de l’autre, l’adaptation étroite aux besoins réels de la localité. Pour satisfaire la demande croissante des entreprises à capitaux chinois par rapport aux talents locaux, les Instituts Confucius en Afrique ont offert aux entreprises des services sur mesure, de sorte que la formation des talents locaux puisse répondre aux besoins directs des entreprises ».

Quotidien du Peuple (édition d’outre-mer), le 31 août 2018, page 9

Journaliste : Zhao Xiaoxia, photographes : Wang Yongjing et Wang Xinjun

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