« Apprendre le chinois nous permet de mieux connaître la Chine »

[Source]    Quotidien du Peuple [Time]    2018-08-01 09:27:07 
 


Ces dernières années, l’apprentissage du chinois est devenu une vogue en Tanzanie. La photo montre que dans l’Institut Confucius de l’Université de Dar es Salaam, un enseignant de chinois local dirige deux étudiants pour apprendre le chinois.

Introduction

Récemment, l’Institut Confucius de l’Université de Dar es Salaam (UDSM) en Tanzanie a organisé l’examen HSK (Test d’évaluation de chinois) dans quatre centres d’examen, dont l’UDSM et l’Université des Science et Technologie de Mbeya (MUST). 303 candidats ont participé à cet examen allant du niveau 1 au niveau 5. Selon les statistiques, 976 candidats tanzaniens ont participé à l’examen HSK dans la première moitié de l’année 2018, le nombre des candidats frôlant le total de l’année passé. Ces dernières années, la vogue du chinois s’est amplifiée en Tanzanie. De plus en plus de Tanzaniens, passionnés pour l’apprentissage du chinois et aspirant à la culture chinoise, se sont inscrits à la Classe Confucius.

Connaître la culture chinoise est devenu une nouvelle mode parmi les Tanzaniens.

« Les tons unis et les tons obliques sont tantôt exaltés, tantôt apaisés, plaisant aux oreilles et touchant le cœur. Quelles sont les beautés de la langue chinoise ? Je voudrais y répondre ainsi : en voyant le mont Kilimandjaro, nous dirons de Bai Xue Ai Ai (une neige d’une blancheur éclatante) ; devant la plaine du Serengeti, nous nous exclamerons qu’elle est Sheng Ji Bo Bo (débordée de vitalité) ; émerveillés par Zanzibar, nous admirons ses Bi Hai Lan Tian (le ciel bleu et la mer azur). La langue chinoise est aussi belle qu’une chanson et qu’une peinture. » Âgé de 24 ans, Joseph Guti est étudiant en deuxième année en chimie physique à l’UDSM. Après avoir appris le chinois depuis seulement six mois, il est déjà capable de réciter couramment en chinois l’article intitulé « Beauté du chinois », avec lequel il a remporté la deuxième place lors de la compétition tanzanienne du Concours « Passerelle vers le chinois » de cette année. Grâce à cela, il a également obtenu l’occasion de poursuivre la compétition en Chine en juillet.

« Les caractères chinois sont jolis, et la prononciation et les tons du chinois sont agréables. » Guti a rappelé que, lorsqu’il avait commencé à apprendre le chinois, sa famille et ses amis pensaient qu’il perdrait son temps. « Le prix que j’ai gagné au Concours ‘Passerelle vers le chinois’ leur a fait changer d’avis. Apprendre le chinois nous permet de mieux connaître la Chine. » Le nom chinois de Guti, Gu Qiao, a été donné par son enseignant chinois. Guti a expliqué que la prononciation du Gu ressemblait à son nom Guti, alors que le Qiao (le pont) symbolisait l’amitié inébranlable entre les Tanzaniens et les Chinois. Il espère devenir un messager pour diffuser la culture chinoise et renforcer l’amitié entre les deux peuples.

« Le cours de chinois est vraiment très intéressant ! » Ennosi Nachan, étudiant en troisième année de l’UDSM, s’est ainsi exprimé avec intérêt. Il a poursuivi : « J’ai commencé à apprendre le chinois il y a un an et demi. Après avoir vu des films chinois, je me suis intéressé fortement à la culture chinoise. Depuis lors, je me suis lancé dans l’apprentissage du chinois. » Aujourd’hui, Nachan a un nom chinois, Sun Tianming. Il veut poursuivre ses études de chinois et voyager avec ses parents en Chine dans le futur.

« Apprendre le chinois pour connaître la culture chinoise est devenu une nouvelle mode parmi les Tanzaniens. » Liu Yan, directeur de l’Institut Confucius de l’UDSM, nous a dit que le nombre des candidats à l’examen HSK était passé de quelques personnes à des dizaines. M. Liu a précisé que ce chiffre avait frôlé 500 en 2016 et dépassé 1 100 en 2017. A en croire M. Liu, sur les six premiers mois de l’année 2018, le nombre des candidats s’est élevé à 976.

« La langue chinoise est déjà intégrée dans le système d’éducation nationale de Tanzanie », a indiqué le directeur Liu, avant d’ajouter que « le système scolaire tanzanien comprend quatre ans au collège et deux ans au lycée. Aujourd’hui, la spécialité de chinois est proposée au niveau universitaire, et les tests nationaux de chinois sont organisés respectivement pour les collégiens en 2e année et en 4e année. Le chinois a été classé dans les matières d’examen. Fondé en octobre 2013, l’Institut Confucius de l’UDSM possède à l’heure actuelle 22 antennes d’enseignement dans des universités et des écoles primaires et secondaires, dont 12 dans des universités et 8 dans des écoles secondaires ont proposé régulièrement des cours de chinois. »

Cultiver des enseignants de chinois locaux pour résoudre la pénurie d’enseignants

« Mon nom chinois est Zhang Feng. Je suis très heureux de devenir enseignant de chinois de l’Institut Confucius de l’UDSM. Je me suis habitué à apprendre le chinois avec les élèves. Ils aiment beaucoup apprendre cette langue. » Immanuel est le premier enseignant de chinois local en fonction à l’Institut Confucius de l’UDSM. Il avait fait ses études de master en enseignement du chinois langue étrangère à l’Université normale de Harbin (HNU) de Chine. Après avoir obtenu son diplôme au bout de trois ans d’études, Immanuel a choisi de retourner en Tanzanie, en devenant l’un des trois premiers enseignants de chinois tanzaniens.

« Quand j’étais à l’université, j’ai vu beaucoup d’entreprises chinoises développer des activités en Tanzanie, alors que la plupart des ouvriers locaux, qui ne savent parler que swahili, avaient beaucoup de difficultés dans la communication avec les Chinois. » A l’origine, Immanuel avait fait ses études spécialisées en gestion à l’Université de Dodoma en Tanzanie. S’il avait bifurqué vers l’enseignement du chinois, c’était parce qu’il avait constaté la demande énorme aux talents de chinois générée par les échanges économiques et commerciaux qui s’intensifient de jour en jour entre la Tanzanie et la Chine.

« Le chinois me permet une porte vers le succès. J’espère diffuser en Tanzanie les connaissances linguistiques et culturelles que j’ai apprises en Chine. » Pour le moment, une vingtaine d’étudiants d’Immanuel ont été diplômés. Il a dit avec fierté : « Mes élèves ont bien maîtrisé le chinois. Ils ont tous bien passé l’examen HSK. » Pour le semestre prochain, il va accueillir une soixantaine d’élèves. En répondant à la question sur la différence entre lui et les enseignants chinois en termes d’enseignement du chinois, il a dit que les enseignants chinois donnaient souvent des cours en anglais, alors que la langue quotidienne pour les élèves tanzaniens était le swahili. La communication entre les enseignants et les élèves via une troisième langue causerait certains obstacles. « J’enseigne le chinois en swahili. Il me permet de mieux expliquer aux élèves les points clés, pour qu’ils les maîtrisent plus facilement. »

Un dicton chinois dit : « Mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ». Le directeur Liu a indiqué que la pénurie d’enseignants était un goulot d’étranglement de l’enseignement du chinois en Tanzanie. La formation des enseignants de chinois locaux aide à résoudre la mobilité et la pénurie d’enseignants. En même temps, les enseignants locaux obtiendront un meilleur résultat d’enseignement en se référant aux caractéristiques locales.

Dans la seconde moitié de l’année, l’Institut Confucius de l’UDSM accueillera 4 autres enseignants de chinois locaux comme Immanuel. « Sous l’égide de l’Institut Confucius, l’UDSM proposera rapidement la spécialité de chinois au niveau de licence et de Bac+2. Dans deux à trois ans, un grand nombre de talents maîtriseront le chinois. A ce moment-là, la pénurie d’enseignants sera résolue facilement », Liu Yan s’est ainsi exprimé.

Favoriser la diffusion de la culture chinoise et les échanges culturels sino-tanzaniens

« L’Institut Confucius de l’UDSM a activement promu la diffusion de la culture chinoise et les échanges culturels sino-tanzaniens, et a joué un rôle important dans la promotion de la compréhension mutuelle et dans l’approfondissement de l’amitié entre les Chinois et les Tanzaniens, en devenant un trait d’union clé pour la coopération amicale Chine-Tanzanie. » Selon le directeur Liu, en 2017, l’Institut Confucius a organisé une centaine d’événements culturels, en attirant plus de 70 000 participants. De plus, l’Institut a organisé des activités associant les caractéristiques locales, tels que l’organisation de deux éditions du « Salon de l’emploi dédié aux talents tanzaniens ». Dans ce cadre, l’Institut Confucius a mobilisé une centaine d’entreprises locales et chinoises pour recruter les élèves de l’Institut Confucius. Ce qui a permis, d’un côté, de servir la société locale et de proposer des débouchés aux étudiants, de l’autre, d’aider les entreprises à trouver de meilleurs talents.

En outre, l’Institut Confucius de l’UDSM a renforcé sa coopération avec les médias locaux. Par exemple, il présente souvent la culture chinoise sur le quotidien local Daily News. Actuellement, l’Institut Confucius de l’UDSM, la maison d’édition chinoise China Translation & Publishing Corporation (CTPC) et la maison d’édition tanzanienne Mkuki na Nyota Publishers Ltd (MNP) ont mis en place ensemble un Bureau de rédaction pour traduire des œuvres chinoises en swahili, afin que les Tanzaniens puissent lire des histoires chinoises authentiques. « Les histoires de la nouvelle Chine » est en train d’être traduit dans ce cadre.

Parallèlement, l’Institut Confucius encourage les ressortissants chinois et les Tanzaniens d’origine chinoise à apprendre la langue locale dans la classe de swahili, nouvellement créée dans l’Institut. Le directeur Liu Yan a estimé que la coopération dans l’enseignement du chinois et dans les échanges culturels Chine-Afrique avait encore des potentiels considérables, et il restait beaucoup à faire. Il s’est dit convaincu que les échanges culturels sino-africains s’approfondiraient davantage.

(Le Quotidien du People, page 21 de l’édition du 26 juillet 2018

Journalistes : Lü Qiang, Li Zhiwei et Zhang Penghui ; photographe : Zhang Penghui)

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