Ouganda : former un corps des enseignants de chinois locaux (Reportage)

[Source]    xinhuanet.com [Time]    2018-06-14 09:41:56 
 

« Excusez-moi, vous êtes professeur à notre Institut ? »

« Oui, je suis professeur à l’Institut des langues. »

« Comment vous appelez-vous ? »

« Je m’appelle Zhang. »

« J’aimerais faire votre connaissance. Tenez, ma carte de visite. »

[…]

Voilà une scène où des apprenants lisent une leçon en chinois en simulant une conversation sur la tribune au Collège Luyangzi, une antenne d’enseignement relevant de l’Institut Confucius de l’Université Makerere.

Depuis le mois de mars dernier, 35 jeunes enseignants issus d’écoles secondaires de différentes régions ougandaises se sont réunis au Collège Luyangzi pour participer à une formation d’immersion de 9 mois. A l’issue de cette formation qui se terminera à la fin de cette année, ils pourront rentrer à leurs écoles pour enseigner le chinois. Ce programme d’incubation d’enseignants ougandais, adoptant un tout nouveau mode d’enseignement, permettra de former un corps des enseignants de chinois qui s’enracine dans la localité.

Hilda Ayebare, âgé de 23 ans, est enseignante d’anglais au Lycée Nyenje, à 40 km au nord de Kampala, capitale ougandaise. « Quand mon lycée a publié l’annonce sur la sélection des enseignants pour participer à une formation de chinois, je m’y suis inscrite sans hésitation », a dit Hilda, avant d’ajouter que « la maîtrise du chinois me permettra d’être plus compétitive dans le travail. »

Justus Muzuni venant du Collège Trinité à Kabale, à plus de 400 km à l’est de Kampala, est un enseignant de swahili. « Les difficultés de l’apprentissage du chinois résident dans l’écriture des caractères chinois, les quatre tons et l’utilisation des classificateurs. Après avoir maîtrisé des règles, j’ai découvert que le chinois devenait de plus en plus intéressant. »

Pendant leur temps libre, ces futurs enseignants de chinois se sont épris du ping-pong. Au début, il n’y avait qu’un apprenant qui savait jouer. Alors pour le moment, une vingtaine d’entre eux l’ont maîtrisé.

Après avoir connu les règles de la compétition du ping-pong et fait des exercices, Alain a trouvé que l’esprit de ping-pong ressemblait grandement à celui des Chinois privilégiant la persévérance face à l’échec. « Les Chinois portent de la confiance et de l’espérance pour le futur. Ils ne sont jamais trop fiers ou satisfaits d’eux-mêmes. Ils ne relâchent jamais la vigilance, et tiennent jusqu’au bout. »

Qian mingmin, venant de l’Université normale du Zhejiang, est enseignante de la classe de formation de chinois. Elle apprend principalement la grammaire et le vocabulaire.

Selon elle, durant le premier mois de formation, les cours ont été organisés tous les matins et les après-midi. Après, ils ont trouvé que cette méthode pédagogique semblable au « gavage des canards » était peu efficace pour beaucoup d’apprenants. « A cet égard, après la discussion avec des experts chinois en enseignement du chinois, nous avons décidé d’adopter le modèle pédagogique marqué par l’intériorisation des connaissances, en transformant les cours après trois heures et demie de l’après-midi en un atelier où l’enseignant aide les apprenants à faire leurs devoirs et répond aux questions qui les intéressent. »

Selon des sources, sur la demande du ministère ougandais de l’Education, le Programme d’incubation d’enseignants ougandais a été créé par le Hanban en collaboration avec ce ministère. Visant à innover le mode de formation des enseignants ougandais de chinois, cette formation s’échelonnera en trois éditions. L’enseignement et l’évaluation dans chaque édition sont divisés en quatre étapes. Les deux premières étapes se consacrent aux cours de chinois général, d’audition, de chinois oral et d’écriture, ainsi que la présentation des connaissances sur l’histoire, la culture et la condition générale de la Chine ; dans la troisième étape, seront ajoutées les connaissances professionnelles de chinois, les techniques pédagogiques et la didactique ; finalement, les apprenants devront bien passer le test d’évaluation de chinois (HSK) niveau 4. Ces trois éditions de formation permettront de former cent personnes.

Hong Yonghong, directeur chinois de l’Institut Confucius de l’Université Makerere, a présenté que chaque année, le Hanban envoyait une vingtaine d’enseignants à l’Institut Confucius de l’Université Makerere, qui travaillent ensemble avec un enseignant ougandais de chinois. Néanmoins, selon lui, ces enseignants sont beaucoup loin de satisfaire la demande de l’enseignement du chinois en Ouganda.

Il vaut mieux d’apprendre à un homme à pêcher que de lui donner des poissons. M. Hong a souligné : « Avec un mode innovant, ce genre de programme d’incubation a permis d’intensifier la formation des enseignants ougandais de chinois, de combler le manque d’enseignant de chinois, et de former un corps des enseignants qui s’enracine dans la localité. »

« Les apprenants chérissent beaucoup cette opportunité d’apprentissage très précieuse. Ils travaillent tous avec assiduité. Un grand nombre d’entre eux se lèvent à 6 heures du matin pour faire les études et restent dans la salle de classe après les cours du 10 heures du soir », a évoqué Mme Qian.

Pour le moment, la formation des enseignants ougandais de chinois constitue une des missions importantes de l’Institut Confucius. Celui de l’Université Makerere est le premier à proposer une formation d’immersion de si grande envergure à l’étranger.

« Au cours de la formation des enseignants de chinois locaux, nous veillons à améliorer le niveau linguistique et la compétence pédagogique des enseignants locaux à travers le renforcement de la gestion pédagogique et la pratique de l’enseignement, et cherchons à former un corps enseignant de chinois stable. L’objectif est d’aider à plus d’Ougandais à apprendre le chinois et à découvrir la culture chinoise », a indiqué Mme Hong.

Oswald Ndoleriire, directeur ougandais de l’Institut Confucius de l’Université Makerere, a déclaré que l’Institut Confucius de l’Université Makerere avait conclu un partenariat avec le Centre national du développement du cursus (NCDC) de l’Ouganda pour promouvoir l’enseignement du chinois dans les lycées ougandais. « A la fin du Programme d’incubation d’enseignants ougandais, les cours de chinois seront proposés dans cent écoles. »

« Tous les enseignants ougandais d’ici constituent une étincelle pour promouvoir le chinois en Ouganda, et aussi la pierre angulaire la plus solide pour le développement de l’enseignement du chinois dans notre pays », a ainsi dit Grace Baguma, directrice du NCDC de l’Ouganda.

(Agence de Presse Xinhua depuis Kampala, le 10 juin, journaliste : Zhang Gaiping)

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