Des enseignants de chinois thaïlandais : le cours de chinois devient un point d’attractivité des écoles locales

[Source]    Quotidien du Peuple (édition d’outre-mer) [Time]    2018-05-03 11:11:40 
 

Chen Lili, née dans les années 1990, est la seule enseignante de chinois de l’Ecole Guguo de Thaïlande. Chaque semaine, elle donne 22 séances de cours de chinois à des collégiens et des lycéens. « Je suis la seule enseignante maîtrisant le chinois dans notre école, c’est vraiment génial… » Assise sur un banc dans la rue Yandaixiejie de Beijing, Chen Lili a raconté son histoire d’enseignement en chinois courant.

Du 8 au 30 avril, Chen Lili et 46 autres enseignants de chinois thaïlandais d’écoles primaires et secondaires étaient à l’Université des Langues et Cultures de Beijing (BLCU) pour participer à un stage de formation, lors duquel ils ont reçu une formation sur la compétence en communication en chinois, la compétence en enseignement du chinois, la Chine contemporaine et la culture chinoise, ainsi que la compétence en communication interculturelle, afin d’améliorer globalement leur enseignement du chinois.


Les enseignants participant à la formation apprennent à faire du Baozi (petit pain fourré à la vapeur). Photo fournie par le Département de l’Institut Confucius de la BLCU.

De l’apprentissage à l’enseignement du chinois

Chen Lili a appris le chinois sous l’influence de sa sœur. « Quand ma sœur apprenait le chinois, je l’enviais beaucoup et espérais pouvoir également parler le chinois couramment. » Après s’être initiée au monde chinois, malgré la difficulté croissante avec l’apprentissage continu, Mme Chen trouve quand même plus d’intérêts au fur et à mesure de l’approfondissement. Il y a dix ans, Chen a été admise au Département de chinois de l’Université Thammasat. Après être diplômée, elle est venue à Harbin en Chine pour apprendre le chinois pendant un an. Retournée dans sa patrie, elle a réussi à devenir une enseignante de chinois, en se transformant de l’étudiante à l’enseignante.

Parallèlement à cette transformation de Chen Lili, le chinois, jadis troisième langue étrangère en Thaïlande, était désormais enseigné comme deuxième langue vivante. Selon les statistiques du Siège de l’Institut Confucius (Hanban), jusqu’à la fin 2017, quelque 3 000 écoles primaires et secondaires thaïlandaises ont proposé des cours de chinois, en couvrant plus d’un million d’élèves.

« C’est moi qui ai rédigé les manuels de chinois destinés aux collégiens. J’ai aussi conçu des cahiers pour écrire les caractères chinois sur l’ordinateur. Je les ai imprimés et distribués à mes élèves. » Ce qui rend plus fière Mme Chen, c’est avec elle, son école dispose de la première enseignante de chinois.

Selon les enseignants thaïlandais participant à ce stage de formation en Chine, comme Chen Lili, de nombreux enseignants s’occupent seul de l’enseignement du chinois dans les écoles où ils travaillent. Avec l’augmentation constante des valeurs culturelle et pratique du chinois, l’enthousiasme pour le chinois est de plus en plus fort en Thaïlande, alors que la demande aux enseignants de chinois se multiplie sans cesse.

Après avoir terminé ses études de licence en Thaïlande, Yu Hong est allée à Guilin en Chine pour continuer ses études de master en enseignement du chinois. Actuellement, elle travaille comme enseignante dans une école primaire privée thaïlandaise. « Moi, je suis aussi la seule enseignante de chinois dans mon école. Chaque semaine, je donne 6 séances de cours de chinois aux écoliers de 4e année à 6e année. »

De l’école maternelle au lycée

Selon un responsable du Siège de l’Institut Confucius (Hanban), les apprenants de chinois à l’étranger deviennent plus jeunes et connaissent une tendance de démocratisation. Le nombre des élèves qui apprennent le chinois avant d’entrer à l’université a aussi connu un élan. Actuellement, l’enseignement du chinois est devenu une chose avec une large participation des écoles et des familles, au-delà de l’intérêt de quelques-uns. De plus en plus de jeunes apprennent le chinois. La Thaïlande a aussi connu cette tendance. L’enseignement du chinois s’étend de l’université à des écoles primaires et secondaires, et l’étape de K-12 (de l’école maternelle au lycée) constitue le pôle de croissance le plus important en termes d’enseignement du chinois.

Les enseignants participant à cette formation ont assisté au développement de cette tendance. Ils viennent de 24 villes thaïlandaises. Mais dans n’importe quelle ville, le corps d’enseignants de chinois constitue un avantage pour les écoles.

Wu Xiuxian est enseignante d’une école bilingue privée à Bangkok, dans laquelle les cours de chinois sont proposés depuis la maternelle. « Les frais de scolarité de notre école sont relativement élevés. Si les parents attachent de l’importance au chinois, leurs enfants ont l’occasion de l’apprendre depuis l’âge de 3 ans. Cela constitue une caractéristique que notre école met en relief lors du recrutement. L’apprentissage du chinois est une chose moderne, beaucoup de familles ont l’intention de le faire apprendre leurs enfants. Chaque semaine, je dois donner 10 séances de cours, y compris ceux pour des écoliers », a dit Wu Xiuxian.

Chen Xuefang, qui travaille également dans une école privée, a affirmé que la proposition du cours de chinois permettait aux écoles de recruter plus d’élèves. « L’école où je travaille est une école internationale. Elle propose des cours de chinois depuis que j’y ai commencé mon travail il y a six ans. Autrefois, peu d’écoles proposaient des cours de chinois. Ces dernières années, elles sont de plus en plus nombreuses, et le chinois constitue un nouveau point d’attractivité d’écoles. »

Guo Zhenzhen a enseigné le chinois depuis six ans. Au début, elle a appris le chinois aux collégiens et lycéens mais aussi aux écoliers. Aujourd’hui, elle ne donne des cours qu’aux écoliers. D’après elle, cette transformation est due au fait que les parents accordent une attention de plus en plus grande à l’apprentissage du chinois de leurs enfants, et espèrent qu’ils l’apprennent le plus tôt que possible. « Ces dernières années, le gouvernement soutient grandement la proposition des cours de chinois des écoles, ce qui a également accéléré le développement de l’enseignement du chinois », a confié Guo Zhenzhen.

De la langue à la culture

Bien qu’ils travaillent pendant longtemps dans le milieu éducatif, c’était la première fois que ces 47 enseignants de chinois locaux dans des écoles primaires et secondaires thaïlandaises ont participé à une formation de l’enseignement du chinois en Chine. Selon eux, le résultat le plus spécifique de cette formation est qu’ils pourront présenter les connaissances sur la Chine et la culture chinoise qu’ils ont acquises à leurs élèves.

D’après Wu Xiuxian, au cours de l’enseignement du chinois, elle s’est concentrée notamment sur l’enseignement linguistique. L’enseignement de la culture chinoise n’est guère abordé. « A l’issue de cette formation, je serai capable de présenter davantage la Chine et la culture chinoise à mes élèves. »

Selon des sources, le stage de formation en Chine des enseignants de chinois étrangers, établi par le Siège de l’Institut Confucius (Hanban), vise à soutenir le développement professionnel des enseignants de chinois locaux de différents pays. La formation comprend des connaissances professionnelles de la langue chinoise, des techniques d’enseignement du chinois et des méthodes pédagogiques de chinois, mais également la culture chinoise, la situation chinoise et la comparaison entre les cultures chinoise et étrangère.


Des enseignantes participant à la formation visitent la rue Yandaixiejie, une des plus historiques du genre de Beijing. (Photo prise par Zhao Xiaoxia)

« Cette formation comprend non seulement la présentation de la situation et de la culture de la Chine, mais aussi des enquêtes et recherches culturelles. Tous les enseignants participants ont déclaré qu’après leur retour, ils introduiraient ces éléments dans leur enseignement », a dit le professeur Tian Xin, venant du Département de l’Institut Confucius de la BLCU.

Mme Qin Yuling, venant du L’Ecole Matthayom Dankhunthod thaïlandaise, est impressionnée par les enquêtes et recherches culturelles. « Avant, nous n’avons pas eu contact de tout cela. Cette formation nous a permis de connaître non seulement l’éducation de la Chine, mais également son histoire et sa culture. »

Savoir parler plusieurs langues, connaître la culture chinoise… Voilà les aspects enviables des enseignants de chinois en Thaïlande. « L’enseignement du chinois nous rend respectables, avec une rémunération satisfaisante », a confié Chen Xuefang.

Le Quotidien du Peuple (édition d’outre-mer), page 9 de l’édition 27 avril 2018

Journaliste : Zhao Xiaoxia

 
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