Les enseignants bénévoles de chinois : des messagers pour la diffusion de la culture chinoise

[Source]    Quotidien du Peuple (édition d’outre-mer) [Time]    2018-04-25 09:03:43 
 

Récemment, la cérémonie de la fin de formation 2018 à l’intention de nouveaux enseignants bénévoles de chinois accrédités à l’étranger dont la Thaïlande s’est tenue dans l’Université des Langues et Cultures de Beijing (BLCU), où 152 nouveaux bénévoles avaient terminé leur formation. « J’espère devenir un enseignant bénévole de chinois portant des idéaux, des compétences et d’un grand sens de responsabilité. Que le chinois fleurisse splendidement dans le monde entier », Wang Daozheng, représentant des bénévoles, nous a montré leur aspiration.


La cérémonie de la fin de formation 2018 à l’intention de nouveaux enseignants bénévoles de chinois s’est tenue dans la BLCU.

Selon Mme Guo Jiaoyang, directrice du Service des bénévoles du Hanban, le Hanban a lancé le programme des enseignants bénévoles de chinois en 2004. L’objectif était de promouvoir plus activement le chinois, d’améliorer le niveau de l’enseignement du chinois à l’échelle mondiale, de promouvoir la diffusion du chinois et de la culture chinoise à l’étranger, d’approfondir les connaissances mutuelles entre la Chine et le reste du monde, de renforcer l’amitié et de multiplier les échanges entre les peuples du monde entier. Jusqu’à la fin 2017, le programme a couvert 139 pays et régions du monde, avec plus de 47 000 enseignants bénévoles de chinois accrédités.

Messagers pour les échanges culturels populaires

« Le niveau de l’enseignement du chinois varie dans différents pays. En particulier, le système d’enseignement du chinois dans certains pays n’est point perfectionné. Ainsi, pour les enseignants bénévoles accrédités, ils travaillent comme des pionniers et font face à un grand défi », a évoqué Mme Guo.

Les enseignants bénévoles de chinois doivent adopter diverses méthodes pédagogiques pour les différents apprenants de chinois. Xianyu Mengdie, enseignante de chinois au Lycée Michuhol des langues étrangères en Corée du Sud, a estimé que si les apprenants étaient des écoliers, collégiens et lycéens, il faudrait se pencher sur l’intérêt durant l’enseignement. Elle a précisé : « Malgré tout, ils sont des enfants et des adolescents. L’apprentissage linguistique est plus ennuyeux pour eux. Donc, si on concevait plus de jeux intéressants au cours de l’enseignement, les élèves seraient plus motivés. Par exemple, je divise les élèves en différents groupes et chaque groupe forme une file. Celui qui est en dernier de la file dit un caractère ou une expression en chinois à l’oreille de celui qui est devant lui, et ainsi de suite. Puis, celui qui est au premier de la file écrira ce qu’il aura entendu sur le tableau. »


Lors du cours de chinois donné par Xianyu Mengdie au Lycée Michuhol des langues étrangères en Corée du Sud.

Li Mengna, enseignante bénévole de chinois au Lycée Gyeonggi pour garçons en Corée du Sud, élabore également des projets pédagogiques pour ses élèves afin de les motiver à l’apprentissage. Hormis les jeux, elle récompense les élèves qui répondent activement aux questions en leur donnant des autocollants. Ayant accumulé une certaine quantité d’autocollants, les élèves peuvent les échanger contre des cadeaux. « Ça produit des effets positifs. L’intérêt des élèves a été éveillé très rapidement. Mais la conception des jeux est vraiment difficile, il faut beaucoup de créativité », a dit Mme Li.


Li Mengna donne un cours d’essai.

« Nous sommes messagers pour les échanges et la diffusion de la culture populaire », Li Mengna a ainsi répondu avec fierté à la question sur l’impression d’être une enseignante bénévole de chinois.

A part l’enseignement du chinois, les bénévoles présentent aussi la culture chinoise. Mme la directrice Guo a indiqué : « Nous espérons que les élèves étrangers puissent d’abord posséder certaines connaissances sur la culture chinoise avant d’apprendre la langue. Ainsi, en plus de l’apprentissage du chinois, les enseignants bénévoles de chinois doivent s’occuper de l’organisation d’activités culturelles, y compris la participation à la ‘Semaine de la culture chinoise’ et au ‘Concours de chinois’, organisés par différentes écoles. Cela constitue également un canal important pour diffuser la culture chinoise. »

Zhang Longfei a donné des cours aux étudiants spécialisés en chinois dans l’Institut Confucius de l’Universitaire d’Abomey-Calavi au Bénin en Afrique. Il enseignait des connaissances fondamentales de chinois, mais également l’histoire, la géographie et la culture de la Chine. « J’ai présenté à mes étudiants les quatre nouvelles inventions de la Chine, auxquelles ils se montraient très intéressés. Je parlais également de la situation actuelle et du développement de la Chine à eux, en espérant qu’ils pourront avoir une nouvelle vision sur la Chine », a-t-il dit.

Travailler dur mais joyeusement

« Avec l’enthousiasme croissant pour le chinois, les enseignants bénévoles de chinois assument un travail plus important. Ils sont très laborieux. Par exemple, un bénévole doit s’occuper des cours de chinois dans plusieurs écoles », a noté Mme Guo Jiaoyang.

Pour les enseignants bénévoles de chinois, la pression vient d’abord de l’enseignement. Xianyu Mengdie a dit : « Bien que j’aie reçu une formation professionnelle en Chine, et que je me spécialise en enseignement du chinois langue étrangère, j’ai quand même du stress durant les cours donnés aux élèves sud-coréens. Dans l’école où je travaille, la qualité des élèves est bonne, ainsi, ils sont exigeants envers les enseignants. De plus, je donne le cours seul. Avec la barrière linguistique, c’est un grand défi. » Selon Mme Xianyu, chaque semaine, elle donne des cours de chinois aux élèves de 9 classes, avec deux séances par classe. Par ailleurs, elle donne un cours facultatif et un cours pour les enseignants. En plus de l’enseignement régulier, elle doit organiser des activités au sein de l’école, comme le concours de chinois. C’est vraiment dur.

Li Mengna a également confié que c’était difficile d’être une enseignante bénévole de chinois. Elle s’occupe de cours de chinois pour 5 classes en première du Lycée Gyeonggi pour garçons. Chaque semaine, elle donne trois séances de cours pour chaque classe, et 3 autres séances de cours pour des associations lycéennes. « Normalement, je veux m’allonger sur le lit une fois rentrée chez moi, et ne veux rien faire », Mme Li a dit en souriant.

De plus, la barrière linguistique apporte également des difficultés à la vie des bénévoles. Li Mengna a expliqué : « Si on était accrédité dans des pays anglophone, ce serait plus facile. Alors si ce n’était pas le cas, ça nous poserait des difficultés. Au début de mon séjour en Corée du Sud, je savais seulement des expressions simples en coréen, comme ‘Bonjour’ et ‘Merci’. Quand les enseignants coréens communiquaient dans le bureau, je n’ai rien compris. J’apprends le coréen, cependant, je ne savais rien faire quand j’allais acheter des farines au supermarché la dernière fois. Je ne peux communiquer avec des vendeurs qu’à travers des expressions simples en coréen. Ou bien je recours à l’application de traduction sur mon smartphone. » Habitant seule, Mme Li a avoué que hormis la fatigue du travail, elle était souvent attrapée par la solitude. Elle a poursuivi qu’elle était la seule Chinoise dans ce lycée, avec la barrière linguistique, elle sentait parfois très solitaire.

Malgré le grand stress provenant tant du travail que de la vie, les bénévoles aiment ardemment l’enseignement du chinois. Feng Xiao, bénévole qui avait travaillé à l’Institut Confucius de l’Université fédérale du Rio Grande do Sul au Brésil pendant un an, a qualifié ses expériences de très bonnes en les passant en revue. Elle a dit : « J’ai ressenti les mœurs et coutumes brésiliens, amélioré mon expérience pédagogique, et fait des amis brésiliens. De plus, je suis très fière d’enseigner la langue de notre pays à l’étranger. »

Le développement dans les échanges interculturels

Au fur et à mesure du rayonnement du chinois, la demande aux enseignants de cette langue se multiplie sans cesse. Selon des statistiques, le Hanban a envoyé 6 000 bénévoles en 2016, et 6 300 en 2017. Alors le chiffre pour cette année est prévu à 6 500. « Bien que le nombre des bénévoles envoyés à l’étranger augmente annuellement, il est loin de satisfaire les demandes », a ainsi souligné Mme la directrice Guo.

Elle a ajouté : « Nous encourageons les nouveaux diplômés en licence et les masters à participer au programme d’enseignants bénévoles de chinois. Etant messagers pour les échanges culturels entre la Chine et le reste du monde, ils peuvent bien montrer la grâce des jeunes contemporains et l’idée moderne de l’éducation de la Chine, et jouer un rôle de pont pour bien raconter les histoires, diffuser la voix et édifier l’image nationale de la Chine. En même temps, l’expérience d’être enseignant bénévole de chinois leur permet d’élargir leur vu et de se développer constamment. »

Tan Lili, enseignante de la Faculté de la littérature et du droit de l’Université de communication de Chine, encourage aussi les étudiants à participer à ce programme. Elle a dit : « Les bénévoles, sortis à l’étranger, peuvent explorer le moyen pédagogique efficace dédié aux élèves d’un certain pays, et perfectionner davantage les manuels de chinois locaux pour différents pays. »

Pour ceux qui veulent devenir des bénévoles, Mme la directrice Guo leur a conseillé de faire des préparatifs en avance, en disant : « Il leur faut correspondre aux critères des bénévoles, par exemple, il faut avoir un bon niveau de mandarin et d’anglais. Puis il faut posséder la compétence pour vivre seul et résoudre les problèmes. »

Tan Lili a conseillé : « La compétence spécialisée des bénévoles doit être excellente, y compris la grammaire, la phonétique et la théorie générale des caractères chinois. D’ailleurs, il faut connaître la culture, les mœurs et coutumes des pays où ils seront accrédités pour faciliter la communication interculturelle. Le plus important est de se donner en exemple et donner des cours aux élèves en les cultivant, afin de démontrer le style chinois. »

Xianyu Mengdie et Li Mengna ont découvert : « Pour être un enseignant bénévole de chinois, il faut d’abord avoir la conscience que nous allons offrir des services bénévoles, au lieu de voyager à l’étranger ; et puis, nous devons avoir l’enthousiasme pour notre travail et l’esprit de dévouement ; finalement, il faut également disposer d’une compétence de répondre aux conflits entre les différentes cultures et valeurs. »

Quotidien du Peuple (édition d’outre-mer), page 9 de l’édition 20 avril 2018

Auteur : Wang Yapeng

 
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