Les échanges littéraires entre la Chine et l’Amérique latine rapprochent les cœurs– les conférences littéraires de l’écrivain chinois Alai suscitent de vives répercussions dans deux pays latino-américains

[Source]    people.cn [Time]    2017-06-29 10:03:09 
 

Avec l’invitation du programme « Forum des écrivains chinois » du centre latino-américain de l’Institut Confucius, M. Alai, écrivain renommé, président de l’Association des écrivains du Sichuan et le plus jeune lauréat du prix littéraire Mao-Dun, a donné récemment des conférences littéraires dans le centre latino-américain de l’Institut Confucius au Chili ainsi que dans 4 Instituts Confucius au Chili et au Pérou. A force d’échanges approfondis, M. Alai a été beaucoup apprécié par les amateurs locaux de littérature.


M. Alai donne une conférence au centre latino-américain de l’Institut Confucius.

Le 14 juin (heure locale), la conférence « Pablo Neruda m’appelle en Amérique latine » s’est tenue au centre latino-américain, près d’une centaine d’amateurs de littérature y ont assisté. Au cours de la conférence, M. Alai a affirmé : « Le niveau de littérature représente celui de la civilisation d’un pays, d’autant plus que la littérature nourrit une nation. Les chefs-d’œuvres littéraires dans l’histoire chinoise sont aussi nombreux que les étoiles dans le ciel. Et avec le déclenchement de la cause de la réforme chinoise, la littérature contemporaine entre dans une nouvelle phase de création. Selon M. Alai, Neruda est un des représentants de la littérature chilienne, voire même de la littérature latino-américaine. A travers ses poèmes libres et allègres, M. Neruda a interprété la largeur et la profondeur de l’histoire, tout en montrant des sentiments nuancés.

Interrogé sur la façon de mettre en scène les changements énormes de la Chine durant ces dernières décennies, M. Alai a répondu : « La littérature a pour objectif d’enregistrer la vie – ces changements ne sont pas abstraits, mais une combinaison de la vie personnelle et de la physionomie sociale ; Ils se produisent l’un après l’autre et en tant qu’écrivains, nous avons la responsabilité de tout enregistrer de manière fidèle. En ce qui concerne la modernité, en effet, quand ces changements ont bien lieu, la vie matérielle s’améliore. Mais l’évolution excessive de la vie matérielle conduit aux problèmes moraux et éthiques. Maintenant que les anciennes notions morales sont mortes, la nouvelle moralité doit se construire, ce processus étant, dans l’absolu, plus lent que le développement économique et matériel. Cet écart provoque une série de contradictions sociales et l’impatience du peuple, amenant plus de besoins de la littérature. Nous pouvons décrire tout cela, afin d’alerter et de prévenir le peuple. »

Le 15 juin (heure locale), Alai était invité à visiter l’Institut Confucius de l’Université pontificale catholique du Chili où il a partagé avec une cinquantaine d’apprenants de l’Institut Confucius le processus de la connaissance d’une culture étrangère, la création de son livre Les Pavots rouges, ainsi que le sujet du développement de la culture traditionnelle. Alai a signalé que le processus de la connaissance d’une culture étrangère consiste à corriger sans cesse les fautes. Autrefois, les Occidentaux considéraient les Tibétains comme des fourmis géantes qui ne cessaient de chercher de l’or. Jusqu’aujourd’hui même, de nombreux malentendus existent à l’égard des Tibétains. Le même malentendu touche l’Amérique latine. Un accompagnant de Columbus a décrit dans son livre que le continent latino-américain, où il y avait des oiseaux sans serres, était couvert d’or. Cet article a provoqué le désir des Européens, responsables pour l’histoire coloniale de plusieurs siècles de cette terre. Ces faits ont révélé qu’à cause des limites de l’histoire et de la connaissance, les civilisations se croyant supérieures, ont l’habitude de diaboliser et de défigurer les autres civilisations, aboutissant à l’éloignement mutuel de différentes cultures. Ensuite, Alai a étendu le sujet à sa création littéraire. Il a affirmé qu’au lieu de répéter les mots des autres, les écrivains doivent améliorer leurs connaissances concernant la société et l’histoire sur la base desquelles ils réalisent leur création littéraire. Par exemple, avant d’écrire Les Pavots rouges, Alai a suspendu l’écriture pendant quatre ans pour découvrir profondément les sources de la culture tibétaine aux quatre coins du Tibet. De plus, Alai a également partagé son point de vue sur le développement de la culture traditionnelle. Il a dit que la culture traditionnelle ne doit pas être immuable. Le caractère chinois « hua » dans le mot « wen hua (culture) » signifie « le changement ». A présent que le monde entier connaît des changements rapides, il faut encourager la culture traditionnelle à se développer en fonction de ces changements. C’est le seul moyen de rendre la culture vivante et dynamique. Avec humour, il a cité un exemple : « Quand tout le monde habite dans les grands bâtiments, nous ne pouvons pas forcer les descendants des Incas à rester sur les ruines de Machu Picchu. » Les opinions littéraires et culturelles d’Alai ont suscité les compliments unanimes des étudiants de l’Institut Confucius. Ceux-ci ont pensé que les sujets abordés par Alai, ne se limitant pas au Tibet ni en Chine, étaient des problèmes communs pour l’Amérique latine, et que les avis d’Alai offraient un nouveau fil de la pensée provoquant ainsi leur grand enthousiasme pour la littérature chinoise.

Les étudiants de l’Institut Confucius de l’Université pontificale catholique du Pérou demande la signature d’Alai.

Le 22 juin (heure locale), Alai est allé à l’Institut Confucius de l’Université pontificale catholique du Pérou et à celui de l’Université Ricardo Palma pour y donner une conférence littéraire intitulée « Je suis Alberto sous le stylo de Llosa ». Il a partagé avec les amateurs de littérature et les étudiants péruviens, entre autres, ses connaissances sur Mario Vargas Llosa, écrivain célèbre du Pérou et lauréat du prix Nobel de littérature 2010, et son interprétation de la culture traditionnelle chinoise. Le discours vivant et intéressant d’Alai a été jalonné par des rires et des applaudissements.


Alai est à l’Institut Confucius de l’Université Ricardo Palma.

Pendant la conférence à l’Institut Confucius de l’Université pontificale catholique du Pérou, en traitant une question complexe dans un langage simple, Alai a introduit le contexte du roman La Ville et les Chiens, écrit par Llosa. Alai a apprécié cet excellent roman autobiographique et a admiré son auteur pour ses qualités d’observation et de réflexion sur la vie, du retour courageux sur soi-même, ainsi que pour l’autocritique et la critique de la société. Le jour suivant, au cours de l’activité à l’Institut Confucius de l’Université Ricardo Palma, il a précisé que le personnage « Alberto » a rendu ce roman encore plus significatif, et que dans un certain sens, Alai lui-même était cet « Alberto » sous le stylo de Llosa. Dans sa jeunesse, quand Alai a connu ce personnage surnommé « poète », il s’est rendu compte que les soi-disant écrivains et poètes n’étaient qu’un genre de personnes parmi tous les gens ordinaires. Les écrivains et les auteurs connaissent les souffrances, les bonheurs et les espoirs de même que le reste du monde, mais en même temps, ils savent y réfléchir et s’en exprimer par la littérature. C’est une responsabilité envers la société qui incombe aux écrivains. Par extension de cet esprit de réflexion, Alai a indiqué les pensées traditionnelles et les connotations culturelles de la Chine, comme les initiatives de Confucius : « Quand vous rencontrez un homme vertueux, cherchez à l’égaler » et « Chaque jour je m’examine sur trois points ». Par une langue humoristique, une idée organisée et une analyse pénétrante, Alai est arrivé à expliquer des philosophies de manière vivante et accessible à tous.


Alai parle avec des amateurs locaux de littérature au Campus de Montegancedo de l’Université de Santo Tomas du Chili.

Quant aux échanges culturels sino-étrangers, Alai a montré que, dans les premiers échanges, la Chine s’était limitée à l’échelle nationale. Mais au fur et à mesure du développement économique et l’installation mondiale des instituts Confucius, la culture chinoise, commence à sortir du pays d’une façon active et confiante. « Je viens de l’autre extrémité de l’Océan Pacifique pour aller à l’Amérique du Sud. Si je parle de Neruda au Chili et de Llosa au Pérou, c’est pour faire savoir aux habitants locaux que les écrivains chinois attachent une grande importance aux œuvres littéraires de l’Amérique latine. Malgré la grande distance entre nos deux continents, la littérature rapproche les peuples. J’espère que nos deux parties pourront traduire mutuellement de meilleures œuvres. » Alai a aussi exprimé les souhaits que plus d’habitants latino-américains puissent apprendre le chinois à l’Institut Confucius, pour mieux comprendre ainsi la littérature et la culture chinoises.

Grâce à l’organisation et la coordination du programme « Forum des écrivains chinois » du centre latino-américain de l’Institut Confucius, Alai a donné 5 conférences dans 4 Instituts Confucius de deux pays, et a été interviewé par plusieurs médias chinois et étrangers. Chaleureusement accueilli par les enseignants et les apprenants des Instituts Confucius ainsi que les personnalités des milieux littéraires et artistiques, cet événement s’est couronné de succès. Cette année, des écrivains connus, tels que Liu Zhenyun, Xi Chuan et Mai Jia, seront aussi invités aux pays de l’Amérique latine et des Caraïbes pour diverses activités littéraires, dans le but de renforcer la marque culturelle de l’Institut Confucius et d’assurer la promotion internationale de la culture chinoise.

(Le 24 juin, Mexico City, people.cn)

 
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