Le semis des graines de la langue chinoise en Alabama

[Source]    Le Quotidien du Peuple, édition d'outre-mer [Time]    2017-04-19 09:08:03 
 


En cours de chinois.

Plus de trois mois après notre arrivée dans la ville de Dothan en Alabama aux États-Unis, les premiers résultats de l’enseignement du chinois de mon collègue, Yuan Qunying et moi, se sont manifestés. Lorsque nous rencontrons les élèves dans le couloir de l’école, ils nous disent poliment « Ni hao (bonjour) »en chinois. Et à la fin de la classe, nous nous disons toujours « Zai Jian (au revoir) ». Un jour, quand j’ai rencontré un petit garçon à la cantine, il m’a demandé avec enthousiasme : « Ni Hao Ma ? (Comment vas-tu ?) » Cela m’a étonné un peu, parce que l’interrogation n’était pas le point visé des exercices en classe de ce jour-là. Je lui ai répondu avec joie : « Wo Hen Hao, Ni Hao Ma ? (Je vais bien, et toi ?) » Très confiant, celui-là m’a dit : « Wo Hen Hao (Je vais très bien). » En tant que professeur de chinois qui venait d’arriver aux États-Unis, j’étais touché et encouragé par cette petite rencontre.

Après avoir appris les chiffres inférieurs à cent, les élèves ont maîtrisé graduellement les expressions courantes concernant l’âge et la date, ils ont appris des connaissances générales sur la Chine, entre autres, la Grande Muraille, les deux fleuves maternels, les huit montagnes les plus célèbres, les quatre grandes inventions, les cinquante-six ethnies, ainsi que les différents numéros d’appel d’urgence en Chine. Ensuite, nous nous sommes mis à apprendre les couleurs.

L’apprentissage des couleurs a commencé par le film publicitaire des mascottes des Jeux Olympiques d’été de 2008 à Beijing : les Fuwa (enfants de bonne fortune). Les couleurs de Fuwa représentent respectivement celles des cinq anneaux du drapeau olympique - bleu, jaune, noir, vert, rouge, et correspondent d’une certaine manière aux Wuxing (Cinq Phases : eau, terre, bois, métal, et feu). Avec l’une des mascottes, Jingjing le panda, les élèves ont appris le noir et le blanc, et ont su que son appellation est dérivée du nom de la capitale de la Chine, Beijing, dont la prononciation est l’homonyme. Au cours des exercices de consolidation et d’extension, nous avons présenté les couleurs de l’arc-en-ciel, entre autres, rouge, orange, jaune, vert, à l’aide du personnage de Rainbow Dash dans le dessin animé intitulé « My Little Pony », et nous avons révisé les couleurs noire et blanche à travers le Taijitu (le diagramme comporte deux caractères : « Yin » et « Yang »). Un garçon en quatrième année a aperçu que dans la figure, la partie blanche contenait du noir, et vice versa. En profitant de cette occasion, j’ai partagé avec les élèves des connaissances complémentaires issues du « Yin » et du « Yang ». Comme l’on dit souvent : « Bu Fen Bu Qi, Bu Fei Bu Fa (Il ne faut pas éclairer les élèves à moins qu’ils s’efforcent de comprendre quelque chose, ou qu’ils comprennent la chose sans pouvoir l’exprimer) », il faut donc enseigner selon la situation actuelle.

Puisque les significations des couleurs dans les cultures différentes ne restent pas les mêmes, mon collègue et moi avons présenté les sens culturels, entre autres, du rouge (le mariage, le Nouvel An), du blanc (l’enterrement) et du jaune (la royauté féodale), en combinant les traditions avec les coutumes contemporaines chinoises. De plus, nous avons expliqué la signification des couleurs selon les types de maquillage facial dans l’Opéra de Pékin, à travers la chanson intitulée « Shuo Chang Lian Pu (Rap sur les types de maquillage facial de l’Opéra de Pékin) ». Nous avons également préparé les types de maquillage du Roi des singes et du Qingyi (les femmes vertueuses et de l'élite dans l’Opéra de Pékin), pour que les élèves puissent réviser les expressions chinoises en les coloriant. A la veille de Noël, nous avons apporté aux élèves des cartons de couleur, avec lesquels nous avons révisé ensemble les termes concernant les couleurs, et avons appris à dire « Sheng Dan Kuai Le (Joyeux Noël) ». Nous avons aussi encouragé les élèves de classes supérieures à écrire ce souhait en chinois sur la carte de vœux qu’ils ont décorée soigneusement .

Pour mon collègue et moi, le plus grand fruit de notre travail consiste entre autres, à maintenir l’enthousiasme des élèves pour le cours de chinois, à développer leur bonne pratique de la langue chinoise après la classe, à susciter leur émotion. A part les élèves, leurs maîtres font aussi les exercices et répondent aux questions en cours. Comme ceux-là s’assoient généralement sur les tapis de différentes couleurs, à la fin de la classe, les enseignants de l’École primaire Kelly Springs, Forehand, instituteur de la classe préscolaire, Aman, instituteur de la quatrième année, Tice et Mullen, instituteurs de la cinquième année, tous demandent aux élèves de se lever dans l’ordre en indiquant les couleurs des tapis en chinois.

Kelly Springs est la première école primaire qui a ouvert le cours de chinois dans la ville de Dothan. La directrice Mme Wanda Dismukes a souligné que c’est une école dans un contexte multiculturel. Le cours de chinois permet aux élèves de connaître les autres cultures linguistiques et leurs similitudes distinctes et variées tout en tolérant les différences. Au regard de l’adoration des élèves pour ce cours et les bons commentaires des enseignants et des parents, elle a eu aussi l’espoir de créer une atmosphère multiculturelle au sein de l’école à l’aide d’un cours de chinois durable.

Le pôle d’enseignement du chinois à l’école primaire Kelly Springs a été fondée en 2015 par l’Université de Troy, qui a créé 8 Classes Confucius et 21 pôles d’enseignement du chinois à Montgomery, à Troy ainsi que dans d’autres villes en Alabama jusqu’à présent, témoignant l’esprit créateur et le dévouement profond des membres de cet Institut Confucius.

Au regard de l’histoire de l’Institut Confucius de l’Université de Troy depuis sa fondation, le directeur américain, M. Xu Hong a déclaré avec beaucoup d’émotions : « Sur un continent proche du Mexique, la langue chinoise manque d’un avantage géographique comme l’espagnol, le déroulement du cours chinois et des activités culturelles chinoises est confronté ainsi à un grand défi. Pendant ces 9 dernières années, j’ai conduit les enseignants de l’Institut Confucius à parcourir tout l’Alabama, en traversant plus de 130 milles kilomètres, nous avons réalisé la visite d’une centaine d’écoles, l’organisation de plus de 250 conférences et 270 coins du chinois, la participation à 80 événements divers, en plus, nous avons aussi organisé 27 visites en Chine avec les étudiants, les lycéens, les artistes, les politiciens et les célébrités dans les domaines du commerce et de l’éducation, atteignant 120 milles en nombre de participants. Maintenant, d’une part, les Alabamiens n’éprouvent plus le sentiment d’être étranger pour la Chine. À l’aéroport, à l’hôtel et au restaurant d’Alabama, il y a déjà des habitants locaux qui disent bonjour aux touristes chinois et même parlent un peu avec eux en mandarin. On peut dire que l’Institut Confucius de l’Université de Troy est en train de semer les graines de la langue et de la culture chinoises dans tous les coins de l’Alabama. D’autre part, l’Institut Confucius s’est bien développé, d’un bureau simple et sobre à un immeuble de bureaux parfaitement équipés. En portant son regard sur l’avenir, M. Xu Hong a annoncé avec enthousiasme : « Notre Institut profitera de toutes les ressources existantes pour amplifier l’influence de la langue et de la culture chinoises en Alabama, et renforcera les échanges et les collaborations avec les autres Instituts Confucius du Sud-Est des États-Unis, dans le but de faire évoluer la ‘fièvre du chinois’ et la ‘fièvre de la Chine’ aux États-Unis et de promouvoir l’interaction positive sino-américaine. »

(Le Quotidien du Peuple, édition d'outre-mer , le 14 avril 2017, 9e page, article : Tang Qing)

 
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