La signification des échanges inter-culturels--- M. Liu Zhenyun parle de « Wo Bu Shi Pan Jinlian (Je ne suis pas Pan Jinlian) » à Vienne

[Source]    Quotidien Guangming [Time]    2017-04-01 14:24:17 
 


La rencontre entre M. Liu Zhenyun et les lecteurs autrichiens.

[Point focal]

La version allemande du roman intitulé « Wo Bu Shi Pan Jinlian (Je ne suis pas Pan Jinlian) » de l’écrivain chinois M. Liu Zhenyun a paru récemment. Ces derniers jours, le Hanban et l’Institut Confucius de l’Université de Vienne ont invité M. Liu Zhenyun à donner rendez-vous aux lecteurs locaux dans la librairie Leporello die BuchhandLung à Vienne. M. Michael Kahn-Ackermann, le traducteur allemand de ce livre et sinologue célèbre, y était également présent. Dans cette librairie au cœur du centre-ville et juste à côté de la Cathédrale Saint-Etienne, il y avait un important public.

La patronne de la librairie, Mme Rotraut Schöberl a déclaré que ce n’était pas la première fois que M. Liu Zhenyun faisait salle comble. Ce qui l’a enchanté encore, c’est que « Confucius » soit aussi entré dans cette librairie occidentale, au moment où celle-ci a été nommée comme la meilleure librairie en Autriche.

La rencontre est entrée très vite dans le vif du sujet. En tant qu’ancien directeur de l’Institut Goethe de Moscou et de celui de Beijing, M. Ackermann est un spécialiste des échanges inter-culturels. Il a présenté, dans le style occidental, M. Liu Zhenyun, célèbre écrivain chinois. Selon lui, M. Liu Zhenyun est né dans un village de la province du Henan, il a été soldat, journaliste et étudiant du plus prestigieux établissement d’enseignement supérieur en Chine, l’Université de Beijing. M. Ackermann a aussi souligné que le pays natal de M. Liu ne ressemblait pas du tout aux villages idylliques de la Basse-Autriche, mais que c’était un endroit stérile et pauvre où la vie était très dure. Au cours de la conversation avec M. Liu Zhenyun, M. Ackermann a également mentionné sa rencontre avec la grand-mère de l’écrivain,, une femme âgée de 93 ans demeurant encore dans la province du Henan, pour montrer la profonde signification de la communication et de la compréhension inter-culturelles.

Lorsque M. Ackermann lisait un morceau de sa traduction allemande, l’audience était attentive, sous des éclats de rires alternés par des applaudissements. Selon M. Liu Zhenyun, la communication entre différentes cultures est très importante, et nécessite des traducteurs comme M. Ackermann, qui sont capables de transmettre l’humour chinois aux lecteurs occidentaux. Il a aussi indiqué que ses livres ont déjà été traduits dans une vingtaine de langues, il a donc visité ces pays avec les traducteurs pour présenter ses œuvres. Dans ces pays, beaucoup de lecteurs y ont déjà lu ses oeuvres, leurs connaissances et compréhensions les ont réciproquement rapprochés. « J’ai créé une centaine de personnages dans mes livres, ils m’ont précédé, et moi je vais les rejoindre ». De plus, M. Liu Zhenyun a ajouté que ces activités organisées par le Hanban et les Instituts Confucius locaux ont déjà eu lieu en Suède, aux Pays-Bas et en Tchéquie. Après cette rencontre en Autriche, il irait en Italie et en Allemagne. Pour lui, toute cette série d’activités a constitué une bonne opportunité pour des échanges inter-culturels, en entendant les commentaires des lecteurs parlant différentes langues.

M. Ackmann a expliqué que ses confrères, traducteurs des œuvres littéraires chinoises, et la littérature chinoise ont aussi rencontré des obstacles en Europe. Quand il a proposé des ouvrages littéraires chinois aux maisons d’édition locales, la première question posée par les éditeurs semblait toujours être : « Est-ce que l’auteur est un dissident ? » Si la réponse était négative, la joie des éditeurs se transformait immédiatement en déception. Ce genre de préjugés extrêmes, simplistes et déformés contre la réalité chinoise existent encore dans le domaine de l’édition européenne constituant un grand obstacle à affronter et à surmonter pour les œuvres littéraires chinoises. Bien sûr des critiques se trouvent dans les ouvrages de Liu Zhenyun, mais il n’est pas un « dissident ».

Quant à M. Liu Zhenyun, il a souligné qu’en fait, ceux qui visent à ironiser, à critiquer et à dénoncer la société, ne sont pas des écrivains de premier rang, parce que ce sont des fonctions des reportages. Le rôle le plus important de la littérature, c’est de découvrir l’essentiel du problème, de la vie et en plus de l’humanité à travers les phénomènes. Et la responsabilité la plus grande d’un écrivain, c’est de réunir les gens, cueillir les émotions et les paroles négligées dans la vie quotidienne et de les raconter aux autres. Selon M. Liu Zhenyun, en ce sens, « Wo Bu Shi Pan Jinlian (Je ne suis pas Pan Jinlian) » n’est pas un roman ni social ni politique, mais plutôt une histoire qui reflète le poids des mots d’une personne ordinaire dans le monde actuel. Par exemple, dès que M. Trump, Mme Merkel et M. Poutine parlent, tout le monde le sait. Pourtant, une paysanne ordinaire chinoise, Mme Li Xuelian, a eu envie de faire croire aux autres une phrase toute simple : « Je ne suis pas une mauvaise femme », elle l’a répétée pendant vingt ans, mais personne ne l’a écouté. Dans ce cas-là, elle ne peut parler qu’à son bœuf. « Quand je veux sortir Li Xuelian de la boue où elle est négligée par le monde entier, je trouve dans son regard plein de gratitude. Elle semble me dire que je suis son deuxième bœuf. » Deux millions d’exemplaires ont déjà été vendus en Chine, tous les Chinois connaissent donc cette femme appelée Li Xuelian qui a encore l’intention de raconter qu’elle n’est pas « une mauvaise femme ». « Actuellement, ce livre a été traduit dans une vingtaine de langues, ainsi les gens de plus de vingt pays ont entendu la parole de cette Chinoise. C’est justement l’objectif fondamental de l’écriture de ce livre. S’il y a quelque chose que j’ai critiqué, c’est que les paroles des gens ordinaires sont toujours négligées par le monde. Je ne pense pas que la parole de Mme Li Xuelian pèse moins que celle de M. Trump, de Merkel et de Poutine, au contraire, elle est plus importante. »

Beaucoup de lecteurs et visiteurs autrichiens voulaient savoir si le roman avait été créé en fonction d’une affaire réelle, puisque l’histoire semblait être authentique. D’après M. Liu Zhenyun, il n’y a pas de prototype dans la vie réelle, parce que les histoires des personnes ordinaires ne sont pas toujours complètes. Les gens dans la vie quotidienne peuvent produire des histoires avec des détails et des intrigues très véridiques, mais dans la création littéraire, les écrivains ont besoin de combiner ces détails et intrigues pour établir une structure artistique complète à l’aide de leur imagination. Prenons la Cathédrale Saint-Etienne de Vienne comme exemple, au début il n’existait pas de cathédrale toute faite dans la vie réelle, mais uniquement des pierres, ce sont les constructeurs qui les ont structuré et y ont construit l’édifice.

M. Ackermann a précisé au journaliste que la communication en face à face entre les cultures chinoises et occidentales est vraiment nécessaire, et permet de favoriser la compréhension et d’éliminer les malentendus. La diffusion de la littérature chinoise avait besoin aussi de plus d’écrivains comme M. Liu Zhenyun, qui étaient en mesure d’attirer à la fois l’attention des lecteurs chinois et occidentaux.

(Quotidien Guangming, le 28 mars 2017, journaliste/photographe : Wang Huaicheng)

 
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