Les Instituts Confucius : une passerelle entre la culture chinoise et le reste du monde (les marques chinoises à l’étranger)

[Source]    le Quotidien du peuple à l’étranger [Time]    2017-01-06 17:28:54 
 

« Dans notre classe, il y a des jeunes dotés de toutes sortes d’ornements chinois. Il y a des âgés qui poursuivent leurs études sans cesse depuis presque 10 ans, des lecteurs qui apprécient beaucoup les œuvres de M. Mo Yan et de M. Yu Hua. Ils sont vraiment fascinés par le chinois. » Wang Hong, directrice chinoise de l’Institut Confucius de l'Université d'Helsinki en Finlande, décrit-elle ses élèves finlandais.

Le chinois, la calligraphie, les poèmes des Tang et les Ci (poèmes chantés) des Song, le visage peint et l’opéra chinois, ainsi que les quesions comme « Pourquoi les bébés chinois portent-ils les pantalons fendus ? », «Comment résoudre le problème par rapport au smog polluant en Chine ? »etc, de la langue à la culture et la société chinoises, toutes ces questions sur la Chine auront leurs réponses grâce aux Instituts Confucius répandus dans le monde entier et à des milliers d’envoyés comme Wang Hong.

Avec 511 Instituts implantés dans 140 pays et 2,1 millions d’apprenants dans 1073 classes, les Instituts Confucius sont déjà devenus un pont qui facilite les échanges culturels et l’inspiration mutuelle entre la Chine et les étrangers. Ils sont aussi une fenêtre qui permettent au monde entier de mieux connaître la Chine, de tisser des liens et de renforcer la coopération avec la Chine. Actuellement, ces établissements constituent déjà une vraie marque chinoise implantée à l’étranger.

Né dans une fièvre du chinois

« Mademoiselle, est-ce que vous connaissez la différence entre la grande sigillaire, la petite sigillaire et le style des scribes ? » lorsque Li Yiqi, enseignante volontaire dans l'Institut Confucius de l’Université de Collège de Dublin, était étonnée de cette question de connaisseur posée pendant un cours de chinois, l’auteur de cette question a déjà commencé à donner sa propre réponse. Retraité dans sa soixantaine, cette personne agée a pour ambition de rédiger un livre sur l’évolution des caractères chinois.

Ayant les Trois Cents Poèmes de la Dynastie des Tang sur lui, un des élèves de Li Yiqi profite de toutes les chances pour discuter de quelques vers avec elle. Ces immenses passions pour le chinois lui fait ressentir réellement une chaleur autour du chinois en Irlande, où les Instituts Confucius offrent des classes spécifiques pour les élèves de différents niveaux, y compris ceux des écoles maternelles et des écoles primaires, des collèges, des lycée, des universités ainsi que ceux du milieu professionnel. Le nombre des écoliers, des collégiens et des lycéens, qui suivent les cours de chinois, atteind plus de 5000. L’Institut Confucius de Dublin s’occupe aussi d’une émission télévisée intitulée Bonjour Chine et la diffuse chaque semaine au grand public.


Le 25 mai, des élèves de l'Institut Confucius de l'Université d'Etat de Cleveland aux États-Unis ont rendu une visite à Qingdao de la province du Shandong. Photo prise par Yu Fangping et plubliée dans la Perspective du peuple.

A mesure que les produits frabriqués en Chine entrent dans des centaines de millions de familles du monde entier, le chinois ainsi que la culture et la société chinoises commencent à captiver les regards des quatre coins du monde. Face à cet environnement international, inspirés par les modèles de diffusion des langues comme le français, l’anglais, l’allemand et l’espagnol, la Chine cherchait à fonder un organisme à but non-lucratif visant à promouvoir l’éducation de la langue chinoise et la diffusion de la culture chinoise dans le reste du monde . Le premier Institut Confucius a vu le jour en 2004.

Conformément aux Statuts de l’Institut Confucius, le but des Instituts Confucius consiste à : satisfaire les besoins d’apprentissage de la langue chinoise, renforcer la compréhension des peuples de différents pays et régions du monde pour la langue et la culture chinoises, promouvoir les échanges et la coopération entre la Chine et le reste du monde, développer les relations amicales entre la Chine et les pays étrangers, favoriser le développement de la diversité culturelle à l’échelle mondiale et contribuer à l’établissement d’un monde harmonieux.

En plein essor

« les Instituts Confucius ont connu un développement vraiment imprévu », explique Mme Xu Lin, ancienne directrice exécutive du Hanban. L’objectif initial du Ministère de l’Education était d’installer 100 Instituts dans le monde en dix ans.

Ce qui est au-dessus de l’attente, c’est que le projet a été réalisé en deux ans. De 46 Instituts en 2004, le nombre augmente à 100 un an plus tard et passe jusqu’à 511 cette année qui couvrent 140 pays situés partout dans cinq continents.


Le 15 septembre, les élèves de l'Institut Confucius de l'université Kenyatta au Kenya sont en train de pratiquer la calligraphie. Photo prise par Pan Siwei de l’Agence Xinhua.

Ces établissements ne se limitent pas aux cours linguistiques. Wang Hong, vice-professeur à l’Université Renmin de Chine, a été envoyée en Finlande en tant que directrice chinoise de l’Institut Confucius de l’Université d'Helsinki en 2014. Depuis, en dehors des cours de chinois, elle a organisé avec les enseignants volontaires des activités consistant à la mise en pratique de la culture chinoise. Ils ont invité à plusieurs reprises les experts chinois à donner des conférences en Finlande. Les élèves finlandais ont eu la chance de faire des études d’échange en Chine tout en y faisant la visite.

Wang Hong a déjà trouvé une piste pour sa carrière à travers les deux ans d’expérience. D’après elle, « l’enseignement du chinois constitue une base. Les activités culturelles peuvent apporter une plus grande influence. Les activités académiques jouent un rôle important pour inviter plus d’experts et d’intellectuels à mieux connaître la Chine.

Malgré des statuts communs, les Instituts Confucius font face au défi de localisation, vu les différentes situations chez les différents pays. Comment implanter dans ces territoires et créer un environnement accueillant ? c’est une question qui nécessite la réponse. Pour Wang Hong, la particularité culturelle locale lui a provoqué des difficultés dans l’enseignement. Avec l’équipe, elle a cherché à tâtons son chemin et a finalement trouvé le plan adéquat : vu que la Finlande est située sous de hautes latitudes et subit par conséquent du froid et d’une courte durée de journée en hiver, les thèmes des activités culturelles sont toujours liés au soleil et à la douceur ; prenant compte que les Finlandais sont plus ou moins réservés, l’Institut accorde une importance à l’enseignement de l’écriture des caractères chinois afin de mettre en valeur cette particularité.

Pour répondre au besoin local, les cours liés à la culture chinoise tels que la médecine traditionnelle chinoise et le Taichisont ouverts au public dans 240 Instituts Confucius de 78 pays du monde en 2016. Chacun sa particularité afin de s’adapter à la situation locale, c’est une représentation pertinente de tous les Instituts Confucius.

Renforcer la confiance mutuelle pour enlever les doutes

En tant que directrice chinoise d’un Institut Confucius, Wang Hong est chargée de maintenir les différentes relations. Au début, il y avait pas mal d’inquiétudes. Cependant, après avoir mis les pieds sur terre et réalisé par la suite les projets pas à pas, c’était l’appréciation des participants locaux qu’a reçue l’Institut. « La réalité racontée par les participants locaux est beaucoup plus convaincante que par nous », dit Wang Hong.

Dès la fondation du premier Institut Confucius, la mise en cause de cet établissement basée sur la théorie de la « menace chinoise » a fait sa place de temps en temps. Ces dernières trois années, les Instituts Confucius de l'Université de Chicago, de l'Université d'Etat de Pennsylvanie et de l'Université de Stockholm ont été suspendus l’un après l’autre, les propos mettant en question les Instituts Confucius font l’objet de l'opinion publique internationale.

Néanmoins, ces propos visant à noircir les Instituts ne sont pas fondés. En fait, afin de créer un Institut Confucius, il faut tout d’abord qu’une université étrangère ou une institution éducative applique la demande au Hanban. Après avoir obtenu l’autorisation, l’Institut fonctionne sur la base de la coopération sino-étrangère. Sous le système de la responsabilité de directeur dans la direction du Conseil d’administration, c’est le directeur chinois et celui du pays accueillant qui assument conjointement la fonction quotidienne et de la gestion de l’Institut.

Dans la pratique, le directeur du pays accueillant est chargé de prendre en conscience des besoins, et celui de la Chine lui aide à bien y répondre. Prenons l’exemple des activités des recherches scientifiques, le thème est déterminé à travers la discussion entre les deux directeurs. Ils invitent conjointement les experts spécialisés en Chine ou en Asie de l’Est à donner des conférences où il y a la présentation des opinions mais aussi des discussions académiques. Pour les cours courants du chinois et de la culture chinoise, les enseignants essaient d’apprendre aux élèves la façon d’étudier au lieu des simples connaissances générales, tout en montrant la société chinoise de tous azimuts.

Selon Li Yiqi, « la discussion sur ce problème n’est pas fondée elle-même, » parce que personne ne le prend en compte dans le travail. Ces voix misant en cause les Instituts Confucius éprouvent un malentendu envers la Chine.


Le 25 juillet, les élèves d’un Institut Confucius en Allemagne sont en train d’apprendre la Danse du tambour fleuri de Fengyang et l’art martial.

« En tant que fournisseurs des ressources d’études, les Instituts Confucius représentent une voie conduisant à la langue chinoise et à la culture chinoise », dit Li Yiqi. Pour elle, ces établissements occupent une place irremplaçable, parce qu’ils sont en mesure d’offrir un apprentissage vis-à-vis par lequel on peut faire l’expérience de la culture chinoise. Ayant un contact direct avec les locaux, les enseignants envoyés et les bénévoles peuvent leur montrer une Chine réelle.

Ayant lu dans la presse un article qui a attaqué l’Institut Confucius subjectivement, un collègue finlandais de Wang Hong lui est venu le critiquer. Wang Hong lui a répondu par un simple sourire. « Nous faisons seulement ce que nous devons faire, ceux qui nous comprennent nous comprendrons » dit-elle.

Au carrefour crucial

« L’Institut Confucius se trouve maintenant dans un carrefour crucial. Quelle voie empruntera-il ? Il faut y réfléchir sérieusement. » Mme. Xu Lin a-t-elle décrit le développement de l’Institut Confucius pendant une décennie.

En fonction du plan de développement de l’Institut Confucius, à l’horizon 2020, l’implantation globale des Instituts Confucius sera essentiellement réalisée avec l’unification de la norme de qualité, de l’examen de certificat ainsi que de la procédure de la sélection et de la formation des enseignants ; les manuels du chinois se composeront de plusieurs versions en différentes langues dont les thèmes recouvriront tous les domaines ; le système global de diffusion de la langue chinoise et de la culture chinoise atteindra une dimension plus élargie ; le chinois figurera parmi les langues largement étudiées et utilisées par les étrangers.

Si l’on parle de l’avenir des Instituts Confucius, l’équipe des enseignants demeure un thème incontournable. Pour le moment, les enseignants des Instituts sont majoritairement des envoyés et des bénévoles d’origine chinoise dont le mandat dure d’un an à quatre ans, y compris le directeur chinois. Après la fin du mandat, la plupart d’entre eux reviennent en Chine et les nouveaux successeurs sélectionnés partent pour les quatre coins du monde.

Pendant les deux ans à l’Institut Confucius, Wong Hong a vu deux fournées de bénévoles travailler avec elle. Les projets ont été par conséquent occupés par des personnes différentes. « Cela provoque des difficultés dans notre travail. » dit-elle, former les débutants, les faire connaître le domaine, il faut recommencer à zéro chaque fois. Une année de travail en tant que bénévole s’est terminé, Li Yiqi éprouve un profond attachement pour cet établissement. « Je viens de me familiariser avec mon travail, c’est déjà le moment de le quitter. Je connais tous mes élèves, dont leurs particularités. Mais le nouvel enseignant doit commencer à partir de zéro, tout en bien succédant au projet d’enseignement. Cela provoque un défi pour les enseignants, mais aussi pour les élèves. » dit-elle.

La localisation des enseignants est mentionnée à plusieurs reprises lors des discussions sur le développement de l’Institut Confucius. Néanmoins, prenons l’exemple de la Finlande, il manque d’enseignants de chinois ayant le certificat local de qualification. On en compte moins de 10 d’origine finlandaise. La localisation consiste à un travail compliqué durant longtemps.

Récemment, Wang Hong réfléchit à un autre problème. Elle souhaite offrir des cours d’enseignement et de consultation aux entreprises locales. C’est une opportunité pour l’Institut de jouir de plus de contact avec la société et de se procurer des aides financières. Cela fait partie du développement durable des Instituts Confucius.

Paru le 26 décembre sur la page 9 du Quotidien du peuple à l’étranger

Correspondant : Li Jie

 
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