Nigéria : les entreprises chinoises sont impatientes de voir l’Institut Confucius de Lagos se transformer en « École technique Lanxiang »

[Source]    Voice of China (West Africa) Weekly [Time]    2016-06-17 14:33:01 
 

Le 9 juin, pendant la cérémonie d’ouverture du « Mois de la culture chinoise » à l’Institut Confucius de l’Université de Lagos, nos correspondants ont appris que certaines entreprises chinoises au Nigéria sont impatientes de voir l’Institut Confucius de Lagos se transformer en « École technique Lanxiang » (une école très connue en Chine), qui saura leur fournir une légion de talents techniques nigérians, à la fois professionnels et sinophones. Le matin du 10 juin, Mme Wang Yongjing, directrice de l’Institut Confucius de Lagos, nous a informés par WeChat qu’elle en avait parlé la veille à ses collègues, dont M. Segun Awonusi, directeur nigérian de l’Institut Confucius. Une réunion spéciale a ensuite été organisée dans l’après-midi du 10 juin, aboutissant à une proposition qui sera remise à la direction de l’Université de Lagos. Si la proposition est approuvée, l’Institut Confucius aura besoin d’un soutien, aussi large que possible, des entreprises et associations chinoises du Nigéria.

Avec l’arrivée en force des entreprises chinoises sur le marché nigérian, la demande d’employés sinophones a connu une forte hausse. Certaines sociétés souhaitent donc que l’Institut Confucius de Lagos puisse leur recommander des étudiants qualifiés en langue chinoise. Cependant, de tels étudiants sont trop peu nombreux pour répondre au besoin de ces entreprises. Certaines d’entre elles ont alors choisi d’envoyer directement leurs employés nigérians à l’Institut Confucius pour qu’ils reçoivent des formations en mandarin.

Selon Mme Wang Yongjing, l’Institut Confucius de Lagos n’a pas les conditions matérielles nécessaires à son bon fonctionnement. En effet, la salle de classe qui lui a été affectée est en si piteux état que, pour garantir le bon déroulement de ses cours, l’Institut Confucius est obligé d’emprunter une autre salle de l’Université de Lagos. Et pour ce faire, il doit chaque fois solliciter les bonnes grâces d’une personne ou d’une autre. Si les nombreuses entreprises et associations chinoises au Nigéria peuvent soutenir de façon énergique la proposition susmentionnée, Mme Wang œuvrera volontiers pour la mettre en place. Côté Chine, l’Université de technologie de Pékin, partenaire de l’Institut Confucius de Lagos, dispose d’un personnel enseignant suffisant. Et le Hanban souhaite aussi que, en dehors de l’enseignement du chinois et de la diffusion de la culture chinoise dans sa terre d’accueil, l’Institut Confucius de Lagos puisse aussi former des étudiants capables de travailler pour les entreprises chinoises, et apporter des solutions efficaces au problème de l’emploi au Nigéria.

D’après Zhou Kai, directeur général de la Société commerciale Senzhou, le personnel de son entreprise était composé exclusivement de Chinois. Sans parler des salaires de ces employés, la société devait également débourser une somme exorbitante pour leur sécurité : pour le déplacement d’un employé chinois, la société doit recourir à deux policiers armés. Dans le même temps, beaucoup de Nigérians ne trouvent pas de travail et ceci malgré un coût salarial peu élevé. Le problème est qu’ils n’ont pas les compétences professionnelles requises, et qu’ils ne savent pas parler chinois. Mais M. Zhou ne doute pas que, si les Nigérians peuvent recevoir des formations dans ces domaines, les entreprises chinoises leur ouvriront grand leurs portes.

« J’en avais déjà parlé à Mme Wang », ajoute M. Zhou. « Elle a réagi chaleureusement, mais elle m’a aussi fait comprendre que les conditions actuelles dans lesquelles se trouve l’Institut Confucius ne permettent pas de former un grand nombre d’étudiants qualifiés en langue chinoise. Ceux qui le sont étant réservés à l’avance par d’autres entreprises, il est difficile pour l’Institut Confucius de répondre à ma demande. J’ai donc envoyé deux de mes employés nigérians à l’Institut Confucius pour qu’ils apprennent le chinois. J’ai aussi tenu à apporter mon soutien financier à l’institut. Cependant, si nous sommes les seuls à le faire, le projet dont on est en train de parler sera difficile à concrétiser. »

L’idée de Zhou Kai rejoint pourtant celle d’autres Chinois, parmi lesquels Liu Chongrong, directeur adjoint du Bureau de Lagos du groupe chinois Sinoma International Engineering (Nigéria), Huang Jianyang, Secrétaire Général de l’Association des ressortissants du Fujian au Nigéria, et Lin Wanmei, membre permanent du Conseil d’administration de la même association. Tous souhaitent que l’Institut Confucius puisse leur fournir des talents natifs, et ils se disent prêts à apporter leur aide à Mme Wang si elle arrive à obtenir des soutiens côté Nigéria. Ils rassembleront aussi d’autres forces pour les faire converger vers l’Institut Confucius dans l’espoir d’atteindre un résultat profitable pour tous.

Mme He Jingyi, directrice générale de Nigeria Great Wall Travel Ltd, a quant à elle jeté son dévolu sur Bai Meigui (nom chinois signifiant « Rose blanche »), une étudiante de chinois qui a participé au spectacle et au concours organisés dans le cadre de la cérémonie d’ouverture du « Mois de la culture chinoise ». Dès la fin de la cérémonie, Mme He a fait connaître sa volonté de recruter cette étudiante nigériane.

En attendant, Mme Wang Yongjing reste très confiante en l’avenir.

Par Wang Peiyao et Cheng Hao, Voice of China (West Africa) Weekly

 
mot clé:

Nouvelles concernées