En Russie : une vague d’apprentissage du chinois dans les écoles primaires et secondaires à Kazan

[Source]    bbcchina.com.cn [Time]    2015-11-30 15:46:46 
 

Kazan, Moscou et Saint-Pétersbourg sont trois célèbres villes historiques et culturelles en Russie. Ayant une histoire millénaire, Kazan abrite des monuments et des vestiges, y compris le Kremlin de Kazan, la Mosquée Qolsharif et l’ancienne résidence de Lénine. Kazan est aussi le centre économique et commercial de la République du Tatarstan, voire de la région au cours moyen de la Volgar.

Depuis ces dernières années, Kazan est réputé pour l’organisation d’une série de compétitions internationales, dont les Jeux universitaires mondiaux d’été et le Championnat mondial de natation. La ville abritera des matchs dans le cadre de la Coupe du monde de football en 2018.

Kazan est la capitale de la République du Tatarstan. A Kazan, la population de Tatars et celle de Russes sont presque équivalentes. Kazan est une des villes en Russie, voire dans le monde entier, où les relations entre différentes races sont les plus harmonieuses. A Kazan, les deux grandes ethnies, qui croient respectivement en l’Eglise orthodoxe et en l’islam, ainsi que les ethnies minoritaires s’entendent bien. Dans certains quartiers, l’église et la mosquée se dressent côte à côte.

Alors, dans une telle ville, quel intérêt la population locale aura-t-elle quant à la Chine et la culture chinoise ? Pour trouver la réponse, nous nous sommes déplacés à l’école N°18 de Kashan (complexe scolaire d’enseignement primaire et secondaire), pour assister à un cours de chinois.


L’école N°18 de Kazan est une école exemplaire caractérisée par l’enseignement de l’anglais.

Nous avons vu les élèves de différentes ethnies pratiquer la conversation en chinois en imitant un appel au téléphone sous la direction de leur enseignant. Leur prononciation est loin d’être impeccable, mais pour les élèves qui apprennent cette nouvelle langue depuis peu de temps, cela mérite l’admiration. En même temps, l’enseignant leur a appris des éléments de la culture chinoise en russe.


Dariya (à gauche) et Zemfira simulent une conversation au téléphone.

Après le cours, nous avons bavardé avec Nadeeya Shevelyova, directrice de l’Ecole N°18, des enseignants et des élèves.

Zemfira s’est donné le nom chinois de « Xiuli ». Elle a dit qu’elle avait commencé à apprendre le chinois l’année dernière et qu’elle trouvait que c’était un défi pour elle. « Je voudrais faire des choses difficiles. Donc, je profite beaucoup de ce processus », a-t-elle confié.

Xiaoming est le nom chinois de Dariya. Elle s’est dite très heureuse de pouvoir apprendre le chinois à l’école, en indiquant que savoir parler chinois serait un atout pour sa carrière.

Damir est un garçon. Il aime beaucoup le cours de chinois, mais aussi la culture chinoise. « Mais c’est difficile pour moi. Heureusement, mon enseignant est assez patient », a-t-il dit.


La directrice Shevelyova estime que le chinois est très important pour ses élèves.

Selon la directrice Shevelyova, son école est une des écoles exemplaires spécialisées dans l’enseignement de l’anglais dans la localité. Les élèves de la deuxième à la onzième année apprennent tous l’anglais. Son école accorde plus d’importance à l’enseignement de l’anglais que les autres.

La directrice Shevelyova aimerait beaucoup voyager et découvrir la diversité culturelle. Elle nous a dit ainsi : « Quand je voyage à l’étranger, la première question que l’on me pose souvent, c’est « Quelle langue parlez-vous ? ». Je réalise que beaucoup de gens savent parler plusieurs langues. Ça facilite la communication. C’est pourquoi je pense que nos élèves doivent apprendre plusieurs langues étrangères. Il faut maîtriser non seulement les langues occidentales comme l’anglais, mais également les langues orientales. »

« Si nos élèves veulent réussir, il leur faut maîtriser plusieurs langues étrangères. Maintenant, beaucoup de Russes parlent anglais, mais très peu connaissent à la fois l’anglais et le chinois », a-t-elle dit.

L’Ecole N°18 a commencé à proposer des cours de chinois il y a 13 ans. La décision a été prise par la directrice Shevelyova elle-même. Au début, très peu d’élèves choisissaient ce cours. Pour beaucoup de parents, il suffisait d’apprendre l’anglais, et ce n’était pas la peine d’apprendre les autres langues. La directrice Shevelyova a réussi à persuader certains parents de faire apprendre le chinois à leurs enfants. Peu à peu, de plus en plus d’élèves ont appris le chinois. Mais les difficultés étaient beaucoup plus nombreuses que cela.

« Au début, nous n’avions rien : pas de manuel, ni d’enseignant. Les cours de chinois étaient officiellement proposés en collaboration avec le Département de l’Orient de l’Université fédérale de Kazan. Plus tard, l’Institut Confucius de l’Université de Kazan a été créé. Depuis lors, notre enseignement s’est poursuivi avec le concours de l’Institut Confucius », nous a confié la directrice Shevelyova.

Dès lors, de plus en plus d’élèves et de parents voulaient apprendre le chinois. Maintenant, à l’Ecole N°18, même les élèves de première année sont désireux d’apprendre le chinois. Actuellement, cette école maintient de bons échanges et coopérations avec une école à Changsha, au centre de la Chine. Cette année, pendant les vacances d’été, des élèves de cette école russe sont allés dans le Hunan participer à un camp d’été. Il s’agissait du cinquième déplacement du genre. La directrice Shevelyova nous a montré un album photos.


Dans la classe, l’enseignante Nelli est très patiente et les élèves sont enthousiastes.

Ce cours de chinois a été donné par Nelli Mullagalieva. Cette jeune enseignante vient d’obtenir, cette année, le diplôme de chinois de l’Université de Kazan. Elle aime beaucoup donner des cours, car ses élèves sont très assidus.

Selon Nelli, le chinois est une langue très intéressante. « Lors de mes études, j’ai eu l’occasion d’aller étudier à l’Université normale du Hunan pour une durée de six mois. J’aimais beaucoup la culture là-bas », nous a confié Nelli. Parmi ses camarades universitaires, certains travaillent à Hong Kong, d’autres aux Etats-Unis, et d’autres encore travaillent dans les départements commerciaux de la République du Tatarstan et s’occupent des affaires concernant la Chine.

Le cours de chinois reste un cours à option à l’Ecole N°18 et n’est pas inscrit dans le programme d’enseignement standard. Par conséquent, les parents doivent payer des frais supplémentaires pour que leurs enfants puissent suivre ces cours. Les cours de chinois sont proposés trois à quatre fois par semaine, à une heure et demie de l’après-midi.

Au printemps de cette année, la directrice Shevelyova a organisé une visite en Chine pour les directeurs de huit écoles dans le même district scolaire de Kazan. Seuls les billets d’avion ont été à sa charge. Ces directeurs envisagent de proposer des cours de chinois dans leurs écoles.

Si les cours de chinois sont de plus en plus aimés par les élèves de l’école et leurs parents, ce qu’il ne faut pas négliger, c’est le manque d’enseignants de chinois. « Nous avons un gros problème : il n’y a pas suffisamment d’enseignants de chinois », nous a confié la directrice Shevelyova.

Actuellement, parmi les enseignants de chinois dans cette école, on compte d’anciens élèves de l’école ayant appris le chinois, mais aussi des diplômés de l’Université de Kazan, comme Nelli.

« Ce que je peux faire, c’est inviter les enseignants chinois, qui viennent faire des formations à l’Université de Kazan, à donner des cours comme bénévoles dans notre école. Actuellement, à tout moment, il y a des enseignants chinois qui viennent donner des cours, sans avoir de rémunération, dans notre école », a dit la directrice Shevelyova.

 
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