Xu Lin propose d’établir dans le plus bref délai une école pour former les directeurs des Instituts Confucius

[Source]     [Time]    2015-03-19 11:09:20 
 

[N.D.L.R.] Le 7 mars, pendant la 3e session du 12e Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), Madame Xu Lin, membre du Comité national de la CCPPC, directrice exécutive du Siège de l’Institut Confucius et directrice générale du Hanban, accorde une interview à GMW.cn et à CPPCCNEWS.com.

Zheng Yi (abrégé ci-après en « Zheng ») : Bonjour Madame Xu, merci d’avoir accepté cette interview conjointe de la part de GMW.cn et de CPPCCNEWS.com. Vos propositions pour cette année concernent-elles toujours la diffusion culturelle assurée par l’Institut Confucius ?

Xu Lin (abrégé ci-après en « Xu »): Tout à fait. Mes propositions pour cette année consistent principalement à établir dans le plus bref délai une école pour former les directeurs des Instituts Confucius. Les Instituts Confucius sont établis conjointement par une partie chinoise et une partie étrangère, ce qui explique le fait qu’il y a un directeur chinois et un directeur étranger pour chaque Institut. Cependant, depuis l’établissement de l’Institut Confucius il y a dix ans, les directeurs ont toujours été recrutés un peu à la hâte, et leurs formations ont été disparates et précipitées. Autrement dit, les directeurs des Instituts Confucius n’ont pas reçu de formations professionnelles, systématiques et régulières destinées à les aider dans leurs missions. Il nous faut donc une « Académie militaire de Huangpu » à nous, un lieu où l’on pourra former régulièrement notre personnel. Voilà ma première proposition.

Ma deuxième proposition consiste à assouplir dans une certaine mesure la politique visant à limiter le nombre de visites à l’étranger et le nombre total de jours passés à l’étranger des principaux responsables des universités chinoises. Un Institut Confucius n’est pas un spectacle de quelques heures, mais un contact permanent et direct avec les principales communautés du pays d’accueil, avec les étudiants et professeurs de l’université d’accueil, et aussi avec le gouvernement local. Les échanges et la fusion s’accompagnent toujours de confrontations, d’affrontements et de conflits. Les directeurs et les enseignants des Instituts Confucius ne sont pas toujours en mesure de résoudre ces conflits par leurs propres moyens. C’est alors qu’il faut recourir au niveau supérieur, c’est-à-dire à la direction des universités. Les responsables voire le président de l’université chinoise doivent aller à la rencontre du président de l’université d’accueil pour résoudre ces conflits. Un entretien entre présidents d’université, du fait qu’ils voient les choses de plus haut, peut résoudre le problème bien plus facilement et éviter l’apparition de problèmes similaires dans l’avenir. Néanmoins, de nombreux présidents et secrétaires du Parti d’université ont une limite à respecter au niveau du nombre de visites à l’étranger et du nombre total de jours passés à l’étranger. A mon avis, il est tout à fait justifié de limiter les visites ordinaires, mais il ne faut pas non plus oublier que l’Institut Confucius est une diplomatie publique, une puissance douce, et un travail permanent pour les échanges entre la culture chinoise et les autres cultures du monde. C’est la raison pour laquelle nous devons lui accorder les mêmes droits que pour le travail diplomatique. S’il y a lieu, les présidents d’université doivent se rendre sur le front afin d’assurer le bon déroulement du travail de l’Institut Confucius.

Zheng : Merci pour cette réponse. Beaucoup de gens comparent l’Institut Confucius, dont vous venez de parler, à des organismes étrangers comme l’Institut Goethe. A votre avis, quels sont les avantages de l’Institut Confucius par rapport à ces autres organismes ? Quels sont ses points faibles aussi et comment y remédier ?

Xu : Les autres organismes internationaux de formation en langues sont tous des établissements indépendants, sans partenariat avec un quelconque établissement local, tandis que les Instituts Confucius sont gérés principalement par des établissements locaux, avec le concours d’une partie chinoise. Voilà la plus grande différence entre l’Institut Confucius et les autres organismes de formation en langues. L’Institut Confucius n’est pas simplement un système virtuel, mais aussi et surtout un système réel et opérationnel basé sur la coopération. Les directeurs et enseignants chinois et étrangers d’un Institut Confucius se rencontrent tous les jours pour discuter sur le développement de leur Institut et aussi pour prendre des décisions. C’est la raison pour laquelle nous considérons l’Institut Confucius comme un modèle original et novateur. Pour la Chine, le meilleur profit qu’elle puisse tirer de ce modèle consiste à ce qu’il offre à l’étranger des informations ouvertes et transparentes sur la Chine. Nos comportements et notre enseignement représentent notre système, notre voie et nos théories. Les peuples étrangers peuvent constater que nous, les Chinois, nous avons les mêmes aspirations qu’eux : le bonheur, l’harmonie, la paix, la sécurité et la sagesse. C’est grâce à ce modèle que nous avons pu établir, en l’espace de dix ans et dans 129 pays différents, plus de 1 200 Instituts Confucius et Classes Confucius. Nos confrères étrangers nous envient, et ils approuvent notre modèle. Au contraire des organismes indépendants tels que l’Institut Goethe et l’Alliance française qui accueillent sans sortir de chez eux, l’Institut Confucius est une plate-forme qui nous permet d’échanger directement et en permanence avec la culture d’accueil. La particularité de notre modèle consiste justement à aller vers les autres et chez les autres : nous avons comme base une université étrangère ou un établissement local de formation, et cela facilite grandement notre travail.

Zheng : Il y a tout de même un problème qui inquiète beaucoup, c’est que le personnel enseignant des Instituts Confucius n’est pas stable. Comment résoudre ce problème ?

Xu : C’est une très bonne question, une question cruciale même, pour laquelle je me fais beaucoup de soucis. Durant les dix dernières années, nous avons toujours signé des contrats d’une durée de cinq ans avec les universités étrangères. Et pour un projet qui ne dure que cinq ans, nous n’avons pas vraiment besoin d’enseignants à temps plein. Cependant, au bout de deux contrats, la partie chinoise et la partie étrangère constatent souvent que l’Institut Confucius est un mode d’enseignement opérationnel efficace et gagnant-gagnant, elles souhaitent donc construire une équipe d’enseignants à temps plein. Il y a deux ans, avec le soutien du ministère des Finances, nous avons recruté 300 volontaires éminents que nous avons ensuite placés dans des universités en tant qu’enseignants de réserve destinés à devenir des enseignants à temps plein. Mais ce nombre est encore trop restreint : il nous en faut au moins 3 000. Nous avons donc un long chemin à parcourir avant d’en arriver là, et nous ne devons pas nous précipiter. La perspective d’avoir des enseignants à temps plein ou l’expression même d’ « enseignants à temps plein » font rêver à un perfectionnement de l’Institut Confucius. La coopération entre des enseignants à temps plein et des enseignants à temps partiel, voilà de quoi dépendra la durée de vie de l’Institut Confucius.

Zheng : Merci de nous avoir accordé cette interview, Mme Xu.

Propos recueillis par Zheng Yi, envoyé spécial de GMW.cn aux deux sessions 2015 de l’APN et de la CCPPC/Caméraman : Zhan Zhao

 
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