Vers une nouvelle décennie : l’Institut Confucius aide la culture chinoise à « prendre le large en toute confiance »

[Source]    Le Quotidien du Peuple Publié [Time]    2014-12-31 13:14:13 
 

Le 27 septembre 2014, au bord du Golfe Oriental (Oriental Bay), Wellington, Nouvelle-Zélande. Face à la mer et au soleil levant, les enseignants et élèves de l’Institut Confucius de l’Université de Victoria à Wellington ont chanté une ode pour souhaiter du bonheur à l’ensemble des Instituts Confucius à l’occasion du dixième anniversaire de leur établissement à travers le monde.

Ce jour-là, dans cent vingt-trois pays et régions du monde, près d’un million de personnes ont manifesté, dans la plus grande harmonie, leur amour commun : l’amour pour la langue chinoise et pour la culture chinoise.

Deux mois plus tard, à Xiamen, Fujian. Les 7 et 8 décembre s’est inauguré la 9e Conférence de l’Institut Confucius. Plus de deux mille invités chinois et étrangers se sont réunis pour un sujet encore plus important :

Comment préparer l’Institut Confucius à entrer dans une nouvelle décennie ? Comment faire pour qu’il puisse mieux aider la culture chinoise à « prendre le large en toute confiance » ?

Des questions qui se posent, et qui attendent des réponses immédiates.

Passer de 30, 000, 000 à 100, 000, 000 de personnes : aider la culture chinoise à s’exporter

La naissance, le développement et l’accroissement de l’Institut Confucius, voici une authentique et captivante histoire chinoise. Et c’est avec confiance que nous tirons une telle conclusion aujourd’hui, sur le seuil d’une nouvelle décennie.

En partant de zéro, la Chine a déjà créé, dans 126 pays et régions du monde, 475 Instituts Confucius et 851 Classes Confucius, dont les inscrits ont atteint le nombre de 3, 450, 000. Encouragés par l’Institut Confucius, l’Union européenne ainsi que 61 autres pays ont déjà intégré l’enseignement du chinois dans leurs systèmes d’éducation nationale. En dix ans, le nombre d’amateurs du chinois est passé rapidement de moins de 30, 000, 000 à 100, 000, 000.

Depuis sa création, l’Institut Confucius a avancé progressivement pour devenir aujourd’hui une plate-forme culturelle polyvalente qui a attiré l’attention du monde entier, et devenir aussi une carte de visite représentant les échanges culturels entre la Chine et les autres pays du monde.

Pendant la 9e Conférence de l’Institut Confucius, nous avons appris qu’en partant de l’enseignement du chinois, l’Institut Confucius a réussi, au bout de dix ans de travail laborieux, à esquisser un système international d’enseignement de chinois, allant de l’éducation préscolaire à l’éducation universitaire, de formations à coute échéance à l’éducation en vue de l’obtention d’un diplôme. En dix ans, il a formé 200, 000 enseignants de chinois locaux pour plus de cent pays, organisé près de 100, 000 évènements autour des échanges culturels, attirant 50, 000, 000 spectateurs et participants. Il a également invité 140, 000 personnes, venant de plus de 120 pays, à effectuer des visites en Chine. Parmi ces invités, il y a des professeurs, des élèves mais aussi des présidents d’universités. Plus de 500, 000 écoliers, collégiens, lycéens et étudiants, représentant une centaine de nationalités différentes, ont participé au concours « Passerelle vers le chinois ».

Pendant que la culture chinoise passe de l’« exportation » à l’« intégration », l’image de la Chine se débarrasse de son coté mystérieux et lointain pour venir à la portée de tous ; les étrangers n’identifient plus la Chine à son développement économique mais à sa culture reconnue de tous. L’Institut Confucius est devenu une nouvelle plate-forme où les gens du monde entier, quelles que soient leurs couleurs de peau, peuvent échanger, coopérer et s’apprendre mutuellement.

Le chemin de la croissance est loin d’être aisé : de nombreuses difficultés attendent d’être résolues et ceci dans les plus brefs délais

Les relations entre les pays dépendent de l’entente entre leurs peuples. Madame Xu Lin, directrice exécutive du Siège de l’Institut Confucius, compare l’Institut Confucius à une « éponge » et une « passerelle » : les différentes cultures du monde s’y rencontrent. « Le passé éclaire le présent ; les pays étrangers éclairent la Chine, et vice versa. Le pouvoir de la culture, l’approfondissement des amitiés, tout cela peut aider les étrangers à comprendre la vie, le régime et la voie des Chinois d’aujourd’hui. »

Néanmoins, l’Institut Confucius se trouve aujourd’hui devant un fait indubitable : son chemin est semé de difficultés qui attendent d’être résolues. Pendant la 9e Conférence de l’Institut Confucius, les participants ont entrepris des discussions approfondies autour de problèmes de fond : le partage du travail et la collaboration entre les directeurs chinois et étranger d’un Institut Confucius, la formation des enseignants de chinois locaux, les enseignants volontaires de chinois et la qualité de l’enseignement de l’Institut Confucius, le « Guide pour la composition de matériels pédagogiques en chinois langue étrangère » et l’exploitation de manuels locaux, la statue juridique des Instituts Confucius dans leurs pays d’accueil, etc.

Selon Monsieur Hu Chunchun, vice-directeur du Centre de recherches allemandes de l’Université Tongji à Shanghai et directeur chinois depuis six ans à l’Institut Confucius de Hanovre en Allemagne, les échanges entre les natifs et les enseignants chinois des Instituts Confucius constituent un sujet qui mérite d’être traité avec le plus grand sérieux : « La tradition n’existe pas seulement dans les musées. Elle n’est pas immuable ; il ne faut donc pas couper le présent de la Chine de son passé. Pour les chercheurs, il n’y a jamais de questions stupides, mais seulement des réponses stupides. Il vaut mieux échanger avec les étrangers dans leurs langues, sans évincer les soi-disant ‘sujets délicats’. C’est seulement ainsi qu’ils s’y intéresseront tout en étant plus compréhensifs. »

Sur le problème du manque d’enseignants de haut niveau, Madame Xu Lin explique sans détour : « Nous avons demandé aux écoles supérieures chinoises à nous fournir une liste de chercheurs et de spécialistes capables de faire en langues étrangères des conférences sur Confucius, sur la pensée confucéenne, et sur la littérature, l’histoire et la philosophie chinoises. Le résultat : moins de 2, 000 personnes figurent dans cette liste. Le développement durable de l’Institut Confucius n’est pas envisageable si l’on ne résout pas le plus vite possible le problème du manque de ressources humaines de haute qualité ».

L’inégalité des niveaux des volontaires est également l’un des grands facteurs qui entravent le développement des Instituts Confucius dans leurs pays d’accueil. Lin Fan, enseignant de l’Institut Confucius de l’Université de Khartoum du Soudan, s’exprime franchement sur ce sujet : « Comme les volontaires ne font actuellement qu’un court séjour chez nous et que leur mobilité est trop grande, leurs notions de la responsabilité et du professionnalisme laissent encore à désirer. Leur niveau de langue native ‘fait tache’ aussi. Parmi les vingt-huit enseignants, il y a vingt-deux volontaires. Aucun d’entre eux ne sait parler l’arabe. Ils rencontrent eux-même des difficultés dans leur propre vie quotidienne, sans parler de leur travail. »

De la « lune de miel » à la « période de stabilité » : le développement de l’Institut Confucius a besoin d’un nouveau souffle

« Si le développement rapide de l’Institut Confucius durant les dix dernières années est dû au fait qu’il traversait avec la culture d’accueil une ‘lune de miel’ et qu’ils éprouvaient encore de la curiosité l’un pour l’autre, dans les dix ans à venir, nous devons passer petit à petit de la ‘lune de miel’ à la ‘période de stabilité’. C’est en nous appuyant sur nos forces que nous devons nous intégrer dans la société et la culture d’accueil. Nous devons également améliorer la qualité et le niveau de notre service », ajoute Xu Lin.

Au sujet de la formation d’enseignants, Madame Katharine Carruthers, directrice de l’Institut Confucius de SSAT (Angleterre), propose : « Il nous faut plus d’opportunités encore pour promouvoir la langue chinoise et former des enseignants locaux. Nous espérons donc que le Hanban soutiendra, dans une plus grande mesure, les projets de formation d’enseignants de chinois pour les écoles primaires et secondaires. Nous serons ravis aussi de voir se multiplier les activités de promotion culturelle, qui encourageront certainement les natifs à apprendre le chinois et à s’orienter vers l’enseignement du chinois. »

« Les échanges culturels doivent être bilatéraux », commente Monsieur Tian He, directeur chinois de l’Institut Confucius de l’Université de Khartoum du Soudan. « Jusqu’à présent, de nombreuses activités d’échanges culturels restent au niveau basique et unilatéral. Les échanges culturels ne peuvent être durables si l’on s’en tient à de simples activités telles que la promotion de la calligraphie et des papiers découpés ; il faudra les approfondir et les rendre plus efficaces par le biais de la coopération élargie dans les domaines des recherches scientifiques et de l’éducation, de l’organisation de colloques scientifiques et d’échanges plus importants. »

Madame Xu Lin s’est également exprimée sur ce sujet. D’après elle, il faudra accélérer la localisation de l’Institut Confucius et accorder plus d’attention à son intégration dans la culture d’accueil : « Nous devons satisfaire le peuple, les élèves, les parents ainsi que le gouvernement du pays d’accueil, pour que l’Institut Confucius devienne un besoin pour eux. »

En outre, sur le sujet de l’amélioration de la qualité de l’enseignement du chinois des Instituts Confucius, Xu Lin nous révèle qu’il y aura dès 2015 une élection officielle d’Instituts Confucius modèles. « C’est ainsi qu’une partie des Instituts Confucius pourront servir d’exemples et de modèles aux autres instituts. »

L’Institut Confucius appartient à la Chine, mais aussi au monde entier. Au bout de dix ans de hauts et de bas, il est devenu une fierté pour la culture chinoise. Comment va-t-il continuer, dans les dix ans à venir, à contribuer aux progrès de la civilisation humaine, aux échanges spirituels entre les peuples et à la construction d’un meilleur avenir pour l’humanité ? C’est avec confiance et impatience que nous attendons la réponse.

Par Zhao E’nuo et Wei Zhezhe

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