Le Prix 21 des Nations Unies décerné pour la deuxième fois au Docteur He Yong, le « coach » de chinois à l’ONU

[Source]     [Time]    2014-11-27 15:06:59 
 


Remise du prix

Chaque année, à l’occasion de la Journée des Nations Unies (United Nations Day) et de l’anniversaire de la création de l’ONU, le Secrétaire général de l’ONU remet aux employés méritoires le Prix 21 des Nations Unies (UN 21 Award). En cette année 2014, c’est le Docteur He Yong, directeur de l’équipe de l’enseignement du chinois à l’ONU, qui a reçu ce prix, dans le cadre du « service rendu au-delà des devoirs » (service beyond the call of duty), et pour son éminente contribution à l’« Atelier de chinois des vacances d’été à l’Université de Nanjing ». Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU, a remis en personne ce prix à He Yong.

He Yong est entré à l’ONU en 2002 pour y enseigner le chinois. Jusqu’à présent, il y a eu 13 années. En tant que directeur de l’équipe de l’enseignement du chinois, il se charge non seulement de l’organisation des cours, mais aussi du recrutement des enseignants, du choix des manuels et de la définition du programme pédagogique. Il accompagne aussi chaque année des employés de l’ONU qui, venus du monde entier, se rendent à l’Université de Nanjing pour y suivre une formation de chinois pendant les vacances d’été. Le Prix 21 des Nations Unies de cette année est la meilleure récompense qui soit pour sa remarquable contribution à ce projet de formation.

Le Prix 21 a été créé par Monsieur Boutros Boutros-Ghali en 1996, alors secrétaire général de l’ONU. Comme un des réformes de secrétaire général, ce prix a pour but de récompenser les employés qui ont fait preuve d’innovation et d’efficacité dans les projets et les services proposés par les Nations Unies.

He Yong n’est pas étranger à ce prix : il l’a déjà reçu une fois, il y a une dizaine d’années. Et il se dit surpris d’être encore une fois choisi pour ce prix prestigieux :


Le Docteur He Yong

« Je suis en effet surpris d’être récompensé encore une fois. La dernière fois que j’ai gagné ce prix, c’était il y a onze ou douze ans, et c’était avec toute l’équipe du département des langues. A cette époque, certains organismes de l’ONU n’avaient pas encore leurs propres sites web. Nous avons donc décidé de créer nos propres sites et nous en avons ouvert une dizaine en l’espace d’une nuit. C’est la raison pour laquelle nous avons été récompensés. Depuis, je n’y ai plus prêté attention. Je pense que mes élèves sont à l’initiative de ma nomination de cette année. Je n’y ai pas fait attention au début, puis un jour, un de mes élèves m’a dit : “Vous devrez participer à une cérémonie vendredi prochain.” C’est seulement alors que je me suis rendu compte de ce qu’il voulait réellement me dire. C’est vraiment une grande surprise ! »

Pour maîtriser une langue, l’immersion est primordiale, d’autant plus pour le chinois qui figure parmi les langues les plus difficiles au monde. C’est pour cette raison que Dr. He Yong a eu l’idée d’amener ses élèves en Chine pour suivre des formations de chinois.

« Nous sommes d’avis que, pour maîtriser le chinois, il vaut mieux l’apprendre dans des situations réelles, dit He Yong. C’est pour cette raison que nous avons contacté le Hanban en 2003 pour savoir s’il y avait une possibilité de mettre en œuvre un projet de formation de chinois en Chine pour l’ONU. Après avoir reçu l’avis favorable du Hanban, nous avons tout de suite entrepris les préparatifs. Les frais de fonctionnement étant sponsorisés par le Hanban, l’Université de Nanjing se charge seulement du déroulement du projet. Nous avons choisi l’Université de Nanjing pour plusieurs raisons. Premièrement parce qu’elle est l’une des meilleures universités de Chine, deuxièmement parce qu’elle a des liens étroits et des coopérations diversifiées avec l’ONU. Par exemple, l’ancien secrétaire général de l’ONU, Monsieur Boutros Boutros-Ghali, a reçu à l’Université de Nanjing le titre de Docteur Honoris Causa, et de nombreux professeurs de l’université ont participé à différents projets de l’ONU. En 2010, Monsieur Ban Ki-moon a également reçu à l’Université de Nanjing le titre de Docteur Honoris Causa. C’est moi qui avais eu cette idée, que j’avais proposée à Monsieur Sha Zukang, vice-secrétaire de l’ONU et diplômé de l’Université de Nanjing. Le décernement du titre de Docteur Honoris Causa à Monsieur Ban Ki-moon par l’Université de Nanjing en 2010 a été un grand encouragement pour nous à l’égard de notre projet de formation. »

Jusqu’à aujourd’hui, l’« Atelier de chinois des vacances d’été à l’Université de Nanjing pour l’ONU » s’est déjà renouvelé une dizaine de fois, et toujours avec succès. Il en a même découlé de nombreuses anecdotes. Par exemple, un des élèves a trouvé l’amour de sa vie grâce à sa formation à l’Université de Nanjing.


Les bénévoles et les enfants

« Nous avons un interprète français qui a participé trois fois à cet atelier, raconte He Yong. Il y avait en même temps à l’Université de Nanjing une formation des professeurs américains de chinois. Notre élève français a rencontré une de ces professeurs américains et ils ont eu un coup de foudre l’un pour l’autre. Comme la jeune femme s’est rendue à Nanjing plusieurs fois, ils ont eu le temps de se connaître et ils se sont mariés après leur retour aux Etats-Unis. Aujourd’hui, ils ont déjà deux enfants. C’est un épisode romantique dans l’histoire de notre projet. »

Selon He Yong, les élèves de chinois au sein de l’ONU sont certainement moins nombreux que ceux d’autres langues, mais apprendre en petite communauté est un avantage pour mieux maîtriser le chinois :

« Nos élèves sont peut-être légèrement moins nombreux que les élèves de français ou d’espagnol. Mais il faut voir le bon côté des choses. Quand le nombre des élèves est limité, les professeurs et les élèves peuvent mieux se connaître comme dans une grande famille. Nous pouvons aussi plus facilement organiser des activités. Par exemple, nous coopérons avec l’Université Pace pour le Nouvel An chinois. Il y a une très belle scène à l’Université Pace, où nous pouvons organiser des représentations. Pour le Nouvel An chinois de cette année, nous avons amené la chorale de l’ONU à l’Université Pace, et nous allons renouveler cette activité l’année prochaine. »

Selon He Yong, les professeurs de chinois d’aujourd’hui suivent de près l’évolution de notre société. En dehors de l’enseignement en classe traditionnel, ils recourent aussi à des moyens pédagogiques multimédias et de haute technologie. Avec enthousiasme, He Yong nous parle d’un cadeau offert par le Hanban à l’équipe de l’enseignement du chinois de l’ONU :

« Nous avons un “Centre de découverte de la culture chinoise” qui est en réalité un ordinateur équipé d’un grand écran tactile. C’est comme un petit musée. Par exemple, quand vous mettez votre doigt sur une ville chinoise, vous accédez tout de suite à des vidéos et à des informations de tous genres. Nos professeurs s’en servent tous les jours dans leur enseignement. »


Photo-souvenir

Au sujet de l’avenir de l’enseignement du chinois à l’ONU, He Yong espère pouvoir augmenter le nombre des cours proposés et diversifier les moyens d’enseignement pour que les élèves puissent en bénéficier au maximum.

« Nous avons d’autres projets qui attireraient certainement un plus grand nombre d’élèves. L’ONU est en train d’expérimenter des modes de travail plus souples. Dans les différentes agences de l’ONU, il y a aussi une forte demande d’apprentissage de chinois. Notre département de langues est par conséquent en train de se réformer. Avant, nous ne rendions service qu’aux employés travaillant à New York. Maintenant, nous devons aussi proposer notre service aux autres agents à travers le monde. Et ce service peut se présenter sous différentes formes, y compris celle qui consiste à donner des cours aux employés de l’ONU du monde entier. Ces cours peuvent se dérouler sur Internet. C’est pour cette raison que nous sommes en train de discuter sur une combinaison « enseignement en classe et enseignement en ligne » ; c’est ce qu’on appelle “blended learning”. Si possible, j’espère pouvoir proposer plus de cours aux élèves. Nous avons maintenant des cours à option, par exemple le cours de calligraphie et le cours multimédia. Tous ces cours peuvent être très profitables à nos élèves. »

Pour finir, He Yong se dit confiant en l’avenir de l’enseignement du chinois à l’ONU. Nous avons effectivement lu de la confiance et de l’espérance aussi bien dans ses expressions de visage que dans son regard.

 
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