Quotidien du Peuple – Edition d’outre-mer : Xu Lin, membre du Comité national du CCPPC : « Chinois et étrangers doivent apprendre à se mettre à la place les uns des autres »

[Source]    Quotidien du Peuple [Time]    2014-03-24 15:44:05 
 


Article du Quotidien du Peuple (édition d’outre-mer) – 12 mars 2014, capture de la 2e planche

La manière de penser des Chinois et des Occidentaux est, il faut bien l’admettre, souvent très différente. Les Chinois ont une logique de l’implicite et du détour ; les Occidentaux ont une logique directe et linéaire. Si l’on veut convaincre quelqu'un de quelque chose, il convient avant tout de modifier sa propre manière de penser. Face à un quelconque événement, il convient de nous demander pourquoi les étrangers le perçoivent différemment, et pourquoi des faits peuvent donner naissance à des interprétations et à des opinions si différentes. C’est pourquoi il convient d’essayer d’adopter la perspective de l’autre. Se mettre à la place de l’autre ne suffit cependant pas ; il faut également aider l’autre à comprendre notre propre perspective.

L’Institut Confucius est né il y a maintenant dix ans. De fait, que ce soit à petite ou à grande échelle, il ne cesse d’être confronté à ce problème de perspective. Nous sommes bien résolus à ne pas nous détourner de la question , à étudier et à mettre en pratique le langage et la manière de penser du public étranger pour lui parler clairement de la Chine. Le fait d’être mécompris par notre interlocuteur est un phénomène naturel, parce qu’il emprunte un chemin de pensée différent pour aborder les mêmes problèmes.

Je répète souvent aux professeurs et directeurs d’écoles étrangers que les Chinois et les étrangers doivent apprendre à se mettre à la place les uns des autres. Je commence par leur exposer les faits, avant de leur demander : « Si vous étiez chinois, essayez de vous imaginer comment vous réagiriez ». C’est une méthode très convaincante atteignant un taux de réussite de 100%, qui m’a permis de nouer de nombreuses amitiés. Ainsi le professeur C.D. Mote, de l’Académie américaine d’ingénierie ; âgé de plus de 70 ans, il est membre du conseil d’administration du Siège de l’Institut Confucius. A l’époque où il était président de l’Université du Maryland, c’est lui qui a pris l’initiative d’ouvrir le premier Institut Confucius des Etats-Unis dans son université. Nous nous connaissons depuis maintenant dix ans, et nous avons toujours discuté de manière franche et sincère. Il y a deux jours, j’ai encore reçu un courrier électronique de plus de 2000 caractères, envoyé à 2 heures du matin de Washington, dans lequel il formulait un certain nombre de conseils quant au fonctionnement du bureau de représentation du Siège de l’Institut Confucius aux Etats-Unis. Ses propos très francs et ses remarques très pertinentes m’ont beaucoup touchée.

En raison de leur manière de penser très directe, les Occidentaux se posent toutes sortes de questions : maintenant que la Chine est devenue une grande puissance, va-t-elle essayer de nous voler nos ressources ? Va-t-elle nous attaquer ? Ces doutes sont compréhensibles ; pour beaucoup d’Occidentaux, les Chinois viennent à peine de sortir de l’ère mandchoue - comment donc se sont-ils enrichis si rapidement ? Les Occidentaux ne connaissent pas la diligence et l’économie des Chinois, leur capacité à endurer les épreuves, leurs sacrifices et leur responsabilité face au destin national bref, tout ce qui fait la quintessence de la culture traditionnelle chinoise.

Les étrangers pensent à présent que les Chinois ne voyagent à l’étranger que pour acheter toutes sortes de produits de marque. En parlant d’achats, cela me rappelle d’ailleurs une anecdote. A la fin de l’année dernière, un ami allemand m’a demandé où il pouvait acheter des œuvres littéraires chinoises traduites en allemand à Berlin. Il comptait acheter quelques livres en guise de cadeau de Noël pour sa mère, qu’il n’avait pas vue depuis un an. S’il s’était agi d’un Chinois, offrir un tel cadeau à sa mère que l’on n’a pas vue depuis un an aurait été inacceptable, car les Chinois estiment qu’un cadeau, pour avoir de la valeur, doit avant tout être utile.

En tant que membre du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois (CCPPC) , je me dois d’attirer l’attention de tout un chacun sur un certain nombre de sujets au cours de la réunion plénière de l’Assemblée populaire nationaale et de celle de la CCPPC . Je pense que pour changer l’image des Chinois à l’étranger et pour rehausser la réputation de notre pays, il faut du temps ; on ne peut se permettre de ne réfléchir qu’à court terme pour des progrès rapides. Dans le domaine des échanges culturels internationaux, la Chine ne s’est éveillée que tardivement, et elle s’est mise au travail bien trop tard. Mais aujourd’hui, les pays étrangers réservent un accueil favorable à l’Institut Confucius. C’est pourquoi nous devons nous empresser d’en ouvrir de nouveaux, et de parvenir à construire cette plateforme d’échanges. L’Etat doit augmenter le financement qu’il consacre à la diffusion de la culture chinoise et à la construction de notre image de marque à l’étranger.

(Propos transcrits par Yin Shichang)

Xu Lin, membre du Comité national de la CCPPC , directrice exécutive du Siège de l’Institut Confucius, directrice générale du Hanban.

 
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