Quotidien du Peuple: L’engouement pour le chinois ne cesse de croître ; les Instituts Confucius sont débordés par les demandes

[Source]    Quotidien du Peuple [Time]    2014-03-24 14:47:45 
 

La longue route de la maturité

L’Institut manque encore cruellement d’experts capables d’enseigner en langues étrangères

« De toutes les décisions que nous avons prises, la plus juste a été de donner le nom de Confucius à notre Institut, car le monde entier connaît Confucius ».

Les responsables de divers organismes de promotion linguistique et culturelle, comme l’Institut Goethe (Allemagne), l’Institut Cervantes (Espagne), le British Council (Royaume-Uni) ou l’Alliance Française (France), ont tous abondé dans ce sens en rencontrant Xu Lin. En tant que symbole culturel connu dans le monde entier, le nom de Confucius apporte à la culture chinoise une bien plus grande visibilité dans les échanges et rencontres culturels internationaux, car il représente un dénominateur commun que tout le monde peut comprendre.

Comme ce qui est nouveau, l’Institut Confucius a bien évidemment rencontré de nombreux embarras au cours de son développement.

Tous les pays ayant ouvert un Institut Confucius ont d’abord commencé par initier les élèves à des chansons et à des danses, afin d’éveiller leur intérêt pour la culture chinoise. La deuxième étape consiste à étudier le chinois de la vie quotidienne ; dans un troisième temps, les élèves peuvent passer à l’étude des proverbes chinois (chengyu). En l’espace de quelques années, de nombreux étudiants ont naturellement été amenés à étudier de manière plus approfondie Confucius et la culture chinoise. Néanmoins, la Chine manque encore cruellement d’enseignants qualifiés dans ce domaine. Les experts capables d’enseigner la culture traditionnelle et les affaires chinoises modernes dans une langue étrangère, selon des méthodes que les étrangers comprennent, sont extrêmement rares .

« Nous avons invité tous les établissements d’enseignement supérieur à déclarer combien ils possédaient d’experts capables de donner des cours en langue étrangère sur Confucius et le confucianisme, sur l’histoire, la littérature et la philosophie chinoises. Le résultat n’atteint pas les 2 000 personnes. Si aucun effort n’est fait pour résoudre ce problème, l’Institut Confucius ne pourra pas continuer à se développer de manière durable », explique Xu Lin.

L’Institut Confucius est en outre sans cesse confronté à de nombreux doutes, qui portent sur la pertinence qu’il y a à dépenser de telles sommes pour apporter un soutien éducatif à des pays étrangers et s’étendre massivement vers l’extérieur.

Xu Lin ne mâche pas ses mots : « En dix ans, le soutien financier apporté par l’Etat à l’Institut Confucius correspond à la somme dépensée par un pays européen pour construire 4 km de voie ferrée à grande vitesse. Les salaires des professeurs et des enseignants volontaires représentent 60 % de cette somme ; les sommes investies par les établissements partenaires étrangers dépassent en outre très largement ce chiffre. Construire 4 km de voie ferrée à grande vitesse permet d’assurer des communications terrestres. Mais construire des Instituts Confucius, qui capitalisent la quintessence de la brillante culture traditionnelle chinoise, c’est construire une voie ferrée spirituelle. C’est un chemin qui demande plus de temps pour s’allonger ».

L’Institut Confucius appartient à la Chine, mais il appartient aussi au monde. Après dix années de joies et d’épreuves, la jeune pousse est en passe de devenir un arbre qui dresse ses branches vers le ciel, et de devenir la fierté de la culture chinoise.

 
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