Quotidien du Peuple: L’engouement pour le chinois ne cesse de croître ; les Instituts Confucius sont débordés par les demandes

[Source]    Quotidien du Peuple [Time]    2014-03-24 14:47:45 
 

Pourquoi cet engouement pour la langue et la culture chinoises continue-t-il à croître sans cesse ? Pourquoi l’Institut Confucius est-il ainsi débordé par les demandes ?

Un “pas de deux” culturel

Les établissements d’enseignement supérieur étrangers ont déjà adopté la mission de l’Institut Confucius comme leurs propres affaires

En Pologne, Andrzej Kapiszewski, professeur à l’Université Jagellonne de Cracovie, apprit jadis qu’il souffrait d’un cancer des os. Il ne lui restait que trois mois à vivre. Les médecins lui donnèrent le choix entre passer ces trois mois à se reposer, ou les consacrer à accomplir une dernière tâche de la plus haute importance.

Andrzej Kapiszewski, qui avait par le passé été ambassadeur de Pologne en Iran, au Qatar, aux Emirats Arabes Unis et dans plusieurs autres pays, choisit sans hésiter de se consacrer à la création de l’Institut Confucius de Cracovie, le premier Institut Confucius de Pologne. Il s’exprima en ces termes : « J’ai le plus grand respect pour Confucius, et j’admire la culture d’harmonie qui est celle de la Chine. Il y a beaucoup de points communs ou similaires entre la culture chinoise et la culture polonaise ; j’espère que les deux pays pourront à l’avenir renforcer leurs échanges, et s’employer à trouver la clé permettant de résoudre les conflits internationaux par le biais des échanges culturels ».

Le professeur Kapiszewski est décédé il y a maintenant sept ans ; mais la manière dont il consacra son dernier souffle à l’Institut Confucius est une histoire encore vivace se racontant de bouche en bouche au sein de tous les Instituts Confucius.

L’Institut Confucius a été qualifié de « meilleur produit d’exportation prodigieux de la Chine ». Sa dimension exceptionnelle tient au fait qu’il n’agit pas seul, mais chante un véritable « pas de deux » avec ses homologues étrangers. Il est certes orchestré par la partie chinoise, mais son opération est non-gouvernementale ; il repose sur une coopération sino-étrangère mutuellement profitable, dans laquelle les universités et les écoles primaires et secondaires chinoises et étrangères travaillent de concert. Les directeurs chinois et étrangers oeuvrent ensemble au développement de l’Institut, qui s’efforce de s’intégrer harmonieusement aux communautés étrangères dans lesquelles il s’implante.

« Aujourd’hui, nombre d’universités étrangères considèrent le fait de disposer d’un Institut Confucius comme une marque de leur niveau de mondialisation. Dans les milieux intellectuels et éducatifs, les élites sont tous d’accord sur ce point », affirme Xu Lin, directrice générale de l’Institut Confucius.

Le 17 novembre 2004, le premier Institut Confucius des Etats-Unis a ouvert ses portes au sein de l’Université du Maryland, une célèbre université publique américaine. C. Daniel Mote, qui était à l’époque président de l’université, a joué un rôle essentiel dans l’ouverture de cet Institut. A présent, les Etats-Unis comptent déjà 100 Instituts Confucius et 366 Classes Confucius.

« L’Institut Confucius est un phénomène inévitable. La Chine a besoin d’aller vers le monde, et le monde a besoin de mieux comprendre la Chine. Ce type d’échanges est essentiel pour l’avenir ; et il n’est pas seulement extrêmement important pour les deux pays concernés, mais aussi important pour tous les pays du monde. Tout le monde se rend aujourd’hui compte que la Chine est appelée à exercer une grande influence sur chacun d’entre nous, et il est naturel que tout le monde souhaite prendre part à ce chantier », estime maintenant encore M. Mote, qui est à présent directeur de l’Académie nationale d’ingénierie des Etats-Unis.

De l’avis de Chen Yulu, représentant à l’APN et président de l’Université du Peuple de Chine, le fait que de plus en plus d’étrangers soient intéressés par l’étude du chinois, et que l’Institut Confucius soit de plus en plus populaire à travers le monde, est la preuve du rayonnement croissant de la culture chinoise. Derrière ce fait, c’est le signe de la montée en force de la Chine dans tous les domaines, de l’influence croissante exercée par le rêve chinois dans le monde, du renforcement de la puissance générale chinoise et de la « puissance douce » qui en découle.

Dans un contexte de globalisation croissante, nul ne peut faire l’économie de nouer des relations avec la Chine. De nombreux étrangers choisissent désormais de pousser leurs enfants à connaître la Chine, ou même à faire mieux d’apprendre un peu de chinois.

Avant l’arrivée de l’Institut Confucius au Soudan, l’Université de Khartoum était la seule université du pays dotée d’un département de chinois. Cet établissement ne suffisait cependant pas à répondre à la demande locale en matière d’étude du chinois, car le Soudain compte de nombreuses entreprises à capitaux chinois. L’Institut Confucius de l’Université de Khartoum est ainsi arrivé à point nommé, et a représenté un véritable tournant, en proposant un grand nombre de cours de chinois allant des niveaux 1 à 6.

Mustapha, qui travaille dans une usine de produits alimentaires de Khartoum, étudie ainsi à l’Institut Confucius. Il rêve de devenir guide touristique spécialisé sur la Chine, afin de permettre à davantage de Soudanais de venir découvrir ce pays. Le matin, avant même que l’Institut n’ouvre ses portes, il est déjà là, apprenant des listes de vocabulaire à l’extérieur en attendant l’ouverture. Après son travail, il passe encore plus de trois heures à étudier le chinois à la maison.

Au terme de trois années d’étude acharnée, Mustapha est élève du niveau 5 de l’Institut Confucius, et a réalisé son rêve. Il parle à présent couramment chinois ; tous les mois, il accompagne une soixantaine de touristes soudanais en Chine, et leur présente la Chine sous tous ses aspects, aussi bien antiques que modernes. L’Institut Confucius a changé sa vie, affirme-t-il.

 
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